VBA.EXCEL – Gérer dynamiquement les sources de données des graphiques

Problématique

Supposons que vous ayez une série de données quotidiennes : par définition, elle s’allonge tous les jours. Vous gérez un ou des graphiques sur ces données. Faut-il vraiment reparamétrer chaque jour la sélection des données de ces graphiques pour prendre en compte ce jour qui vient de poindre à) cette aurore nouvelle ? Oui si vous êtes un peu ballot comme je le fus pendant des lustres. Non si vous faites ce que je vous dis. A vous de voir.

Solution

Supposons que votre classeur s’appelle monclasseur.xlsm. Tiens ! comme c’est original ! Au lieu de persifler, regarder bien l’extension .xlsm. Ben oui ! Première chose, on va faire une macro pour résoudre le problème et si on ne met pas l’extension .xlsm, votre macro …

Vous avez une feuille dans ce classeur nommée SOURCE. Pour plus de facilités, nommez-la SOURCE sur l’onglet mais aussi dans l’espace macro accessible par ALT+F11. Pour ce faire, sélectionnez la feuille dans le pavé VBA.PROJECT puis dans le pavé Propriétés, donnez à la propriété Name la valeur SOURCE. Vous allez voir comme ça simplifie la vie.

Dans ce même classeur vous avez n graphiques que vous appellerez pour l’exemple COURBE1, COUBE2, …, COURBEn (le premier qui me redit que ce n’est pas original, je l’envoie dans le bureau du proviseur). Bien entendu, pour plus de facilités vous les renommez aussi dans les propriétés du VBA.PROJET comme la feuille de données SOURCE.

Par programme, vous avez réussi à isoler la dernière date lastDay et sa ligne de données lastLig. Pour y arriver, je vous fais une totale confiance.

A partir de ces préalables plus rapides qu’il n’y paraît voilà un exemple de code qui vous permettra de gérer dynamiquement et automatiquement la modification quotidienne des données source.

 With Workbooks(« monclasseur.xlsm »)

Dim ch As Chart

For Each ch In .Charts

ch.Axes(xlCategory).MaximumScale = lastDay

Select Case ch.Name

Case « COURBE1 »

ch.SetSourceData SOURCE.Range(« A2:B » & lastLig), xlColumns
ch.SeriesCollection(1).Name = « COURBE1 »

Case « COURBE2 »

ch.SetSourceData Union(SOURCE.Range(« A2:A » & lastLig),  _

SOURCE.Range(« L2:L » & lastLig)), xlColumns

ch.SeriesCollection(1).Name = « COURBE2 »

Case « COURBE1 »

ch.SetSourceData Union(SOURCE.Range(« A2:A » & lastLig), _

SOURCE.Range(« C2:C » & lastLig)), xlColumns

ch.SeriesCollection(1).Name = « COURBE1 »

End Select

Next

End With

Vous me direz « que vient faire ici ce select case » ? C’est juste pour vous montrer une autre ruse.

Si vos données sont contigües dans le tableau SOURCE, pas de problème un Range unique suffit comme pour COURBE1. Mais si elles sont dans des colonnes séparées, il faut avoir recours à la fonction Union de Range comme pour COURBE2 et 3 dont vous avez donc un exemple de syntaxe.

ET LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ?

VB.NET – Changement des caractéristiques d’une police de caractères (« font »)

Problématique

Vous voulez changer la police d’un label ou d’un button. Pour la couleur, c’est facile, je ne vous ferai donc pas l’affront de vous l’expliquer. Mais pour passer en gras ou en italique, vous avez sûrement essayé

myButton.Font.Bold = True (ça ne marche pas, c’est un exemple)

Echec sur toute la ligne car, VB.NET vous répond que le propriété est Read Only

Solution

La vraie solution est la suivante :

myButton.Font = New Font([famille de font], [taille de la font], [style de la font]

[famille de font] peut prendre les valeurs :

  • FontFamily.GenericMonospace
  • FontFamily.GenericSansSerif
  • FontFamily.GenericSerif

[taille de la font] est exprimé en points, sachant que la valeur par défaut est 8.25

[style de la font] peut prendre les valeurs :

  • FontStyle.Bold
  • FontStyle.italic
  • etc …

Les paramètres sont assez explicites et c’est plutôt sympathique. Mais reconnaissez que la procédure n’est pas intuitive.

ET LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ?

VB.NET – Une ruse pour la mise en forme d’un formulaire

Problématique

Vous voulez positionner au quart de poil un control TextBox, Label ou autre ComboBox. Et avec la souris, ça saute plusieurs pixels à la fois. Et donc, ça ne retombe jamais pile à l’endroit que vous visiez.

Solution

Vous sélectionnez le contrôle et vous le déplacez avec les flèches de direction. Une pression sur une des touches de direction = 1 pixel de déplacement.

Si après ce conseil destiné à économiser vos nerfs vous n’y arrivez pas, deux solutions : vous avez Parkinson ou, plus vraisemblablement, il faut sérieusement penser à passer au lait-grenadine ou au Perrier-rondelle.

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VB.NET – Les curseurs

Problématique

Vous voulez modifier le curseur pour afficher le curseur d’attente pendant un traitement et revenir au curseur par défaut ensuite. Et vous ne trouvez pas parce que n’est pas intuitif.

Solution

C’est simple mais comme on ne fait pas ça toutes les 5 mn, on oublie à chaque fois et c’est très énervant. Donc voici la solution pour moi comme pour vous.

Pour le curseur d’attente :

Cursor = System.Windows.Forms.Cursors.WaitCursor

pour revenir au curseur par défaut :

Cursor = System.Windows.Forms.Cursors.Default

pour d’autres curseurs, quand vous aurez tapé le point après Cursors, VB se fera un plaisir de vous en proposer d’autres.

Evidemment, si vous avez mis en en-tête de votre form

Imports System.Windows.Forms,

vous pouvez vous passer des trois premiers termes. Mais c’est bien lourd pour un petit curseur.

Bon en fait ce n’est pas intuitif du tout et pas simple non plus.

LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON  DIT MERCI QUI ?

VB.NET – Ajouter des noeuds dans un TreeView … et les retrouver

Problématique

Même si on visualise bien en quoi ça consiste, il n’est pas toujours facile de manipuler les TreeView. La logique est tellement évidente qu’on se prend facilement les pieds dans le tapis. Mais quand on y est, quel bonheur !

Solution

Ajouter un noeud dans un TreeView

Tout d’abord, quand vous construisez un TreeView (on l’appellera par la suite mùyTreeView), il commence à vide. Il dispose d’une collection Nodes vide. Il faut donc créer le noeud « racine ».

Avec ce noeud-racine, nous apprendrons comment créer un noeud quelconque. Il y a plusieurs syntaxes incluant en particulier celles qui permettent d’assigner une icône au noeud. Mais je n’ai pas encore utilisé cette fonctionnalité, je ne vous en parlerai pas puisque que je ne parle que de ce que j’ai pu faire. Les deux possibilités principales sont :

  • myTreeView.Nodes.Add(text)
  • myTreeView.Nodes.add(key, text)

key et text sont deux paramètres, au format « string » bien entendu, plutôt fondamentaux :

  • key est comme son nom l’indique, le nom du noeud et surtout le moyen d’y accéder
  • text est le texte qui s’affichera sur le noeud. Il est donc tout aussi important. Il n’en est pas moins facultatif puisque vous pouvez parfaitement souhaiter ne pas afficher de texte à un noeud d’un arbre.

Mais étrangement, VB.NET vous propose d’abord de créer un noeud par son texte. Bon …

Par exemple, key pourra être le n° client et text son nom. Classique …

Ces deux données peuvent être lues et mises à jour par les instructions :

  • key :  node.Name = « key »
  • text : node.Text = »text »

ATTENTION DANGER !

key est une string, mais votre clef peut être numérique donc :

à la création du noeud, vous pouvez tout à fait passer la veleur de la clef en numérique, VB convertira automatiquement en string

Mais à la lecture (voir plus loin), il faudra chercher cette clef au format string en la convertissant en string par CStr(key) sinon il cherchera un index.

Imaginez que vous cherchez un n° de Sécu, en mode texte il trouvera sans problème si vous oubliez la conversion (le cast), il cherchera un index de rang 10000 milliards. je ne doute pas que vous gériez des projets titanesques mais à ce point ! Vous risquez plutôt de recevoir de VB un message d’insultes et ce sera bien fait car je vous aurais prévenus.

Mais vous me direz, et vous aurez raison : « c’est quoi node ? ». C’est la variable TreeNode qui contient le noeud. « Ah bon ? et comment la retrouve-je ? » direz-vous car vous êtes pleins de bon sens ? C’est l’objet du paragraphe suivant.

Comment retrouver un noeud dans l’arbre ?

Les deux manières principales sont habituelles en Visual Basic :

  • par l’index du noeud
  • par la key du noeud

Par l’index

L’index est le n° d’ordre du noeud « fils » dans la collection des sous-noeuds du noeud « père ». Ce numéro est généré automatiquement. On peut l’utiliser pour lister les noeuds « fils » mais pour retrouver le noeud, ce n’est pas l’idéal. Par exemple, on peut procéder de la manière suivante :

dim node as TreeNode

for i=1 to Nodes.Count

if Nodes(i). Text = [votre condition] (ou Nodes(i).Name = [votre condition si votre test est sur la clef du noeud]) then

node=Nodes(i)

exit for

endif

next

mais « c’est quoi Nodes me direz-vous ? » car décidément vous ne posez que des questions intelligentes. Et je vous répondrai ensuite car il faut y aller par étapes.

Par la clef

Là c’est beaucoup plus simple pour retrouver le noeud visé, il suffit d’écrire :

node=Nodes(key)

vous comprendrez pourquoi je préfère cette méthode.

La collection Nodes

Nous avons cherché dans la collection Nodes. Mais qu’est-elle ? (à prononcer doucement car « mékétel » ne veut rien dire).

Ne tombez pas dans le panneau dans lequel je suis tombé. La collection Nodes est celle des sous-noeuds d’un noeud donné et non celle des noeuds du TreeView.  Dans un  TreeView, vous pourrez donc avoir des noeuds qui ont la même clef à condition qu’il ne soient pas au même niveau dans la même branche : à monn avis, ce n’est pas sain.

Pour être plus clair, même si vous avez une key unique dans le TreeView, vous ne la trouverez par

myTreeView.Nodes(key)

que si elle est au premier niveau de l’arborescence.

Ce qui signifie que pour retrouver une clef dans un arbre complet, il vous faut écrire une recherche récursive. Vous savez sans doute le faire, sinon un peu de patience, j’en parlerai bien un jour.

ET LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ?

CSS – Balise

Problématique

Si vous utilisez une balise <ol> (ordered list) en mode « numéros », vous souhaitez peut-être commencer ailleurs qu’à 1.

Pour cela, il suffit de déclarer :

<ol start= »12″> (par exemple)

</ol>

Mais on raconte dans les milieux bien informés que cette balise ne serait plus maintenue, qu’elle serait deprecated ? Qu’en est-il ?

Solution

HTML : la commande start a, semble-t-il, connu des heures difficiles lors du passage à HTML 4.

Mais avec HTML 5, elle a retrouvé toute sa place, la preuve sur le site officiel du W3.org.

Et en CSS ? CSS ne connaît pour <ol> pour la description du mode d’énumération de la liste (il en a d’autres …) que les 4 propriétés suivantes :

list-style regroupement des propriétés suivantes dans une déclaration unique
list-style-image spécifie l’image qui fera office de marqueur de liste
list-style-position précise si le marqueur apparaîtra à l’extérieur ou à l’intérieur du contenu
list-style-type spécifie le type de marqueur

qui peuvent prendre les valeurs suivantes

list-style-image URl de l’image
list-style-position inside, outisde, inherit
list-style-type disc, square, circle, etc …

Donc :

  • en HTML, on peut proposer une position de départ différente de 1
  • en CSS, on ne le peut pas

LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ?

A lire

HTML, XHTML et CSS pour les Nuls (Jeff Noble, Ed Titlle)

 

WordPress – Sur mon blog, je reçois des flots d’inscription de users manifestement indésirables

Logo WordPressProblématique

Au démarrage de mon blog, deux ou trois fois par jour, je recevais des demandes d’inscription d’users manifestement spammés. Je ne connais en effet aucun pays du monde dont les habitants portent les noms charmants de qsdflj12er et seraient suffisamment dérangés pour avoir comme adresse mail hhk654ddqs@gmail.com.

C’est énervant, ça pollue et on se demande ce qu’ils viennent faire là aussi visibles qu’un cheval de bois au milieu de la place de Troie. Des chevaux de Troie ? Pas sûr. Mais

Timeo Danaos et dona ferentes

Je crains les Grecs même ceux qui font des cadeaux

donc autant les éliminer sans pitié. Mais ils reviennent et s’accrochent, ce qui prouve bien qu’il s’agit de robots.

Solution

Premier principe : dans Réglages > Utilisateurs, mettre comme rôle par défaut Abonné. Vous n’avez pas, je l’espère, donné comme rôle par défaut Administrateur (il est d’ailleurs surprenant que WordPress autorise ce choix).

Et deux méthodes

  • répérer l’IP et la bloquer par le .htaccess en insérant les lignes

order allow,deny
deny from 99.99.99.999 (c’est un exemple …)
allow from all

ou

order allow,deny
deny from 99.99.99
allow from all
s’il s’agit d’une famille d’IP 99.99.99 qui vous harcèle

  • mais attention s’il s’agit d’une IP de type 10.0.0, celle qu’utilisent les plus malins, il s’agit d’une adresse de routeur. Or les routeurs ne sont que nuisibles, vous risquez donc de filtrer de braves gens intéressés par votre blog. Or il est connu qu’accueillir le client à coup de chevrotines n’est pas le meilleur moyen de réussir dans le commerce. Donc la méthode par .htaccess n’est pas adéquate. Dans ce cas, ajouter dans le robots.txt les lignes

User-agent : *
Disallow : /wp-login.php

Ceci dit, les bons spammeurs, non il n’y a pas de bons spammeurs, disons les spammeurs compétents passent outre le robots.txt. Donc ce n’est pas gagné d’avance.

Comme je vous le disais dans un précédent post, il est impossible d’éviter les grands malfaisants mais juste de se protéger contre les petits malfrats de passage.Là en toute modestie, je ne vous dirai pas l’habituel « le tour est joué ! Alors on dit merci qui ? » mais

BONNE CHANCE !

Pour en savoir plus, quelques livres sur WordPress

WordPress – Je viens d’écrire mon premier article et je ne réussis pas à le relire

Problématique

Vous venez de créer votre blog WordPress. Vous avez écrit votre premier article. Vous affichez la page d’accueil : tout va bien. Vous cliquez sur le titre pour voir la page de l’article. Et pan ! La page 404 arrive.

Je vous rassure. J’oublie cette étape à chaque fois moi aussi.

Que se passe-t-il ?

Solution

Pour les permaliens, vous avez sans doute opté pour une forme autre que la forme courte du style monsite.com?p=12. Et vous avez eu raison:  pour le SEO, on fait plus explicite. Vous avez sans doute opté comme moi pour le titre long (regardez en haut dans la barre d’adresse).

Et vous avez oublié quelque chose. Quoi ? le .htaccess bien sûr. Pourtant WordPress vous affiche ce qu’il faut insérer mais à ce moment-là le petit dernier vient de rentrer de classe ou Madame du travail et vous avez zappé.

Car WordPress, et c’est sa force, a sa manière à lui de gérer les liens et les URL. Mais sans les règles de redirection de .htaccess, il y aura des problèmes. Dont celui que vous rencontrez là.

Alors ouvrez votre .htaccess préféré et ajoutez les fameuses lignes

<IfModule mod_rewrite.c>
RewriteEngine On
RewriteBase /
RewriteRule ^index.php$ – [L]
RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-f
RewriteCond %{REQUEST_FILENAME} !-d
RewriteRule . /index.php [L]

De préférence, insérez-le et gardez les en fin du .htaccess. Elles sont là définitivement. D’autres lignes viendront ultérieurement, vous les mettrez en tête du .htaccess pour les surveiller comme le lait sur le feu.

ET LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ?

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DerniersParus.com » WordPress

WordPress – L’admininistration

WordPress - L'admininistrationProblématique

Le user admin est le premier créé automatiquement par WordPress. Et inutile de préciser l’importance de l’administrateur. Qui n’a pas un jour perdu son mot de passe et pleuré toutes les larmes de son corps ou brisé un vase pour se calmer les nerfs en se traitant de noms que la décence m’interdit de répéter ici.

Or cet administrateur est un point de faiblesse dans la sécurité. Celui qui se rend maître de l’administrateur prend le pouvoir sur votre blog aussi sûrement qu’un général en chef en Amérique du Sud.

Si vous tombez sur un hacker acharné et particulièrement vicieux, de toute façon votre sort est réglé. Mais ils sont trop occupés à des activités plus lucratives que de casser les pieds de petites gens comme nous. En gros, si vous avez un Van Gogh chez vous, Georges Clooney vous le volera quoiqu’il arrive dans Ocean 37.

Solution

Mais, avec un peu de prudence, vous pouvez éviter qu’un malfaisant de passage ne fasse trop de dégâts.

Pour ça, brouillez les pistes, trouvez un nom pour votre administrateur qui n’a rien à voir avec admin, votre nom ou votre site. Et supprimez l’admin par défaut avec le nouvel administrateur créé.

ET LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ?

Pour en savoir plus, quelques livres sur WordPress 

WordPress – Vous n’avez pas les droits suffisants pour accéder à cette page

Problématique

Pour sécuriser WordPress, il vaut mieux ne pas conserver le prefixe de tables par défaut « wp_ ». Tous les hackers, pirates et malfaisants de la planète informatique vont taper là-dedans en priorité. Il est donc prudent d’en prendre une autre.

Par exemple, vous lancez un site de vente de bandes molletières parce que vous pensez que les Allemands vont encore nous prendre par surprise à Sedan, qu’il faudra équiper notre vaillante armée et que, comme la dernière guerre que nous ayons gagné c’est 14-18, prenez comme préfixe bm_ (bm comme « bande molletière », faut suivre un peu).

Si vous aviez voulu créer le site de la Fédération Européenne des collectionneurs de sous-bocks, le préfixe « sb_ » vous serait venu à l’idée immédiatement.

Vous me direz, et vous aurez raison, qu’avec un robot pas trop primitif, le pirate sus-mentionné aura tôt fait de faire une petite boucle pour dénicher tous vos préfixes.

Sachez que rien ne vous empêche de prendre une préfixe de plus de trois caractères, vous pouvez tout à fait opter pour « essaiededenicherleprefixegrosmalin_ », si le pirate est russe ou chinois, peu de chances qu’il ne trouve. Vous pouvez prendre aussi « knokkelezout_ », s’il n’est pas belge (flamand), il n’imaginera même pas qu’un mot pareil puisse exister. Or il y a beaucoup moins de pirates belges néeerlandophones que russes ou chinois, ce n’est pas une question de niveau. Pourtant c’est à Knokke que j’ai mangé la meilleure moules-frites de ma vie.

Le problème est que vous avez peut-être déjà créé votre base avec le préfixe standard wp_. Il n’y a pas de honte à ça : j’ai fait l’erreur. Comment procéder ?

Marche à suivre

Nous allons procéder lentement mais sûrement car au moindre écart, votre blog se mettra en grève et qu’il ne faut SURTOUT pas perdre les données. Supposons que votre nouveau préfixe soit new_

  1.  utiliser phpAdmin pour copier les 11 tables wp_ de la manière suivante pour chaque table :
    • sélectionner la table
    • cliquer sur Opérations
    • aller dans le 2e pavé de droite Copier la table vers (base.table)
    • remplacer dans le nom de table affiché le préfixe ancien wp_ par new_
    • cliquer l’option Structure et données
    • puis sur le bouton Exécuter
    • et cela pour les 11 tables …
    • vous détruirez les anciennes plus tard
  2. éditez le fichier wp_config.php situé dans le répertoire racine de votre installation WordPress (racine du site si vous avez installé WordPress en racine, dans le répertoire choisi sinon)
    • assurez-vous qu’il soit bien éditable sinon changer les propriétés de votre fichier
    • dans la ligne $table_prefix  = ‘wp_’; remplacez wp_ par new_

Voilà c’est fait. Facile non ? Erreur …

Ce n’est pas fait et ce n’est pas facile car vous lancez votre blog, vous voulez vous connecter en administrateur légitime que vous êtes. Et que vous répond WordPress ?

Vous n’avez pas les droits suffisants pour accéder à cette page

Vous vous dites

Mais si je les ai !

Et vous les avez mais WordPress malgré ses qualités présente encore quelques défaillances dont celle-ci.

Solution

Il faut maintenant aller corriger à la main certaines informations apparemment résiduelles mais, de fait, bloquantes du user administrateur

La marche à suivre :

  1. allez d’abord dans la table new_user et identifiez l’ID de l’administrateur
  2. sélectionnez la table new_usermeta
  3. cliquez l’onglet Recherche
  4. saisissez dans la case user_id, l’ID retrouvé ci-dessus
  5. saisissez dans la case meta_key, LIKE et wp_% (j’ai bien dit wp_, l’ancien préfixe)
  6. vous trouverez entre autres les meta_key : wp_capabilities, wp_user-settings, wp_user-settings-time
  7. remplacez –les par  : new_capabilities, new_user-settings, new_user-settings-time
  8. sélectionnez la table  new_options et remplacez dans la colonne option_name la valeur wp_user_roles par new_user_roles (remarque très pertinente de Smax le 14 mars 2014)

Il semble cependant que la phase 8 soit la plus délicate,. En effet, selon l’historique de votre site WordPress (version initiale, historique des mises à jour, etc …), les entrées anciennes en wp_ varient avec une perversité qui ne surprendra aucun programmeur lucide et expérimenté. Je me permets donc de citer un extrait du commentaire très pertinent de Fand du 22 mars 2014, auquel j’ajouterai mes précisions :

Bien penser à renommer toute les entrées wp_% (et donc utiliser l’outil de recherche : voir point suivant)
Ne pas faire uniquement confiance à l’outil de recherche qui n’a pas trouvé wp_user_roles, même maintenant où je peux le voir, la recherche ne le trouve pas (ne pas oublier pas la syntaxe de recherche « %wp_% » – tout ce qui contient « wp_ » –  théoriquement ça fonctionne bien)
Et surtout, afficher plus que les 25 lignes par défauts dans phpmyadmin ! (exact, c’est très énervant cet aspect de phpadmin, on se fait toujours piéger)

ET LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ? (vous pouvez rajouter Smax et Fand cette fois-ci)

Pour en savoir plus, quelques livres sur WordPress

Pourquoi ce « blog-note » informatique ?

Vous trouvez facilement dans les docs en ligne ou sur Google vous ? Moi pas ?

Comme tous ceux qui programment, j’ai parfois des difficultés.

Alors je cherche dans les manuels online.

  • PHP ? Splendide : on cherche, on trouve et ça marche
  • MySQL ? Pas mal : on cherche, on trouve et ça marche si on comprend ce qu’ils racontent
  • MSDN ? Dur : on cherche, on ne trouve pas toujours et quand on trouve, rien ne dit que ça marche.
  • Les forums ? Quand on a passé la couche des fautes d’orthographes, on trouve des réponses manifestement pas essayées que le geek moyen a entendu après sa 5e bière voire son 3e pétard donc auxquelles il a pas pigé un broc. Enervant.

Alors voilà pourquoi ce « blog-note » informatique

Donc ce blog, un forum de plus ?

Non, ce que j’ai essayé ça marche … Ou alors j’aurais mal expliqué et dans ce cas prévenez-moi.

Alors comme je suis d’un naturel jovial et généreux, je vous fais partager mes solutions. A charge de revanche … Et puis comme je suis prudent, c’est un moyen de ne pas oublier 6 mois après comment j’avais réussi à me dépanner.

Petit détail, je programme en VB.NET (même si je connais le C, ce roi des langages, mais VB.NET a une meilleure interopérabilité avec Microsoft Office), en PHP, je me mets à Java (donc n’attendez pas trop de tuyaux là-dessus pour le moment). Je fais du HTML et du WordPress pour mes sites. Et à une époque d’égarement, j’ai utilisé SQL Server en local mais j’ai cru que mon PC était retourné dans les années 80. Et je suis passé à MySQL (en attendant PostgreSQL dont un ami me vante les charmes torrides à chaque rencontre).

En outre, j’ai une assez longue expérience. J’ai connu MSDOS 1.25 les p’tits gars ! Il n’y avait pas de répertoires, juste 16 disques virtuels de A à P, ce qui ne nous rajeunit pas.

Enfin malgré les apparences, je n’ai jamais été salarié comme informaticien mais je me suis toujours fabriqué des outils informatiques pour mon utilisation personnelle ou professionnelle. Donc, attendez-vous à du pratico-pratique.

Des crises en général, de celle-ci en particulier

Une des chaines documentaires du câble diffuse régulièrement une brève rétrospective des journaux télévisés de 20h des années 60 à nos jours. La phrase « devant l’aggravation de la crise » revient avec une régularité d’autant plus surprenante qu’on l’entend même dans des émissions de la célèbre période des « Trente Glorieuses » donc avant le choc pétrolier consécutif à la Guerre du Kippour de 1973. Faut-il nier pour autant la crise actuelle ? Certainement pas. Mais il semblerait qu’il existe des crises dans la Crise séparées par des périodes de rémission relative, constatées uniquement a posteriori.

En fait, qu’est-ce qu’une crise ? C’est un changement d’état dont la brutalité engendre tensions et souffrances diverses. En résumé, il n’y a crise que lors qu’un paramètre change brutalement, que ce paramètre soit un prix (pétrole par exemple), un ratio (endettement) ou un changement de statut (crise politique). Pour éviter une crise, il faut donc chercher la régularité et les évolutions douces. Or le contexte des sociétés, c’est-à-dire la complexité de leurs interactions internes et externes, ne peut en aucun cas garantir cette stabilité : c’est en effet un contexte « chaotique » selon la terminologie mathématique (voir le post « Le Papillon de Rio » du 27 juin).

La seule solution pour prévenir les crises est la mise en place de mécanismes régulateurs voire amortisseurs. On pourrait les appeler « contracycliques » si les théories des cycles économiques étaient mieux qu’empiriques. Mais faisons fi de cette réserve.

Or qu’observe-t-on ? En période de croissance relative, l’appétence pour plus de croissance enclenche un emballement qui débouche sur … une crise. L’exemple de la bulle immobilière américaine alimentée par la politique monétaire d’Allan Greenspan est, je l’espère, dans toutes les mémoires. Et a contrario, en période de récession, la tendance sera aux économies, donc aux licenciements, et globalement à toutes les frilosités qui entretiennent savamment une récession.

Faut-il donc être laxiste ? Que nenni ! Il faut plutôt transférer les périodes de gestion rigoureuse sur les périodes fastes et relâcher la pression en période de crise.

En période faste, les restructurations toujours nécessaires peuvent être envisagées pour un coût moindre, tant au plan financier qu’humain. Le coût de la formation, de la restructuration venant en déduction du résultat positif est en effet déduit des impôts. En outre, les licenciements éventuels sont moins douloureux pour le salarié, et pour la protection sociale, dans un contexte de croissance.

A contrario, en période de récession, demander des efforts à des salariés qui ne sont même pas sûrs d’en bénéficier est moralement discutable et inefficace puisqu’en période difficile, chacun pense encore plus que d’habitude à son intérêt propre plutôt qu’à celui de son entreprise.

Ces remarques valent pour tous les salariés, managers y compris. En période faste lors d’une fusion, le cadre en doublon peut quitter l’entreprise avec une indemnité réconfortante et la perspective d’un redémarrage. En période difficile, ce même cadre passera plus de temps à sauver son poste, j’allais dire sa peau, qu’à participer à la réussite de la restructuration.

Ce constat semble évident et de bon sens et je suis preneur de contre-arguments. Et pourtant, c’est l’inverse qui se produit. Pourquoi ? Une explication simple en est la paresse intellectuelle et l’inertie. « Quand les choses vont bien profitons-en et croisons les doigts pour éviter la crise » est le principe de gestion le plus largement répandu et accepté bien qu’il ne fasse l’objet d’aucun enseignement dans les business schools, explicitement du moins.

Mon post précédent pouvait être pris comme une pique contre l’Islam. Alors je vais essayer de me racheter. En Islam, la « Grande Guerre Sainte  » (djihad al-akbar) est la guerre spirituelle (les chrétiens parlent plutôt de « combat spirituel ») qu’il faut mener pour s’améliorer et améliorer le monde. Tout le monde connaît malheureusement la « Petite Guerre Sainte » (djihad al-ashgar) que mènent certains musulmans sans grande imagination ni ambition quant aux desseins d’Allah.

Alors même en période de paix menons la « Grande Guerre Sainte » de la croissance. En période de lutte économique, il sera temps de relâcher la pression pour l’unité sociale, seul remède durable aux crises.

L’Islam est-il inexorable ?

Chahada. Confession de foi en l'Islam

Chahada. Confession de foi en l’Islam

Il ne sera pas ici question de civilisations, de leurs chocs éventuels, supposés ou niés mais de simple mécanique. Tout le monde peut devenir musulman mais il est impossible d’en sortir à la manière des étoiles dans le trou noir cosmique. L’islam est-il inexorable ?

Pertinence de la notion de « conversion à l’Islam »

Précisons d’emblée que l’Islam se considère inexorable. Il y a en effet un malentendu général au sujet de la notion de conversion. En effet en Islam, la notion de conversion « entrante » a peu de sens car l’Islam se considère comme la condition naturelle de l’Homme. Il s’agit donc d’un retour à un état originel béni et non d’une conversion au sens chrétien. Dans la logique islamique, comment comprendre qu’on puisse quitter l’Islam sans quitter sa condition d’homme authentique ? Ce qui constitue une première justification de la peine de mort pour apostasie.

Conversion aux différentes religions

Considérons pour simplifier le schéma qu’il y a quatre grandes religions, en ce qui concerne leurs effectifs, plus l’athéisme (en y incluant l’agnosticisme et l’indifférence). L’approximation ne nuit en rien au raisonnement. Les religions retenues seront le christianisme, l’islam, le bouddhisme et l’hindouisme.

Christianisme

Devenir chrétien est de plus en plus difficile (voir ce lien comme information non comme tentative de prosélytisme), le processus qui mène au baptême est long voire décourageant. Passons outre le fait que les catholiques rechignent désormais à convertir ce dont ne se privent pas les évangéliques. Sortir du christianisme est au contraire très facile et nos contemporains ne s’en privent pas.

Hindouisme

Devenir hindou est très difficile puisqu’il faut être né en Inde de parents hindous et qu’il vaut mieux mourir en Inde également. Ce que font de plus en plus de gens, non pas qu’il y a un flot de conversion à l’hindouisme mais parce que la population de l’Inde augmente. Vous l’aviez tous remarqué. Notons au passage qu’être disciple d’un gourou hindou ne fait pas de vous un hindou.

Bouddhisme

Devenir bouddhiste est très facile mais l’est-on vraiment puisqu’on peut aussi bien l’être sans l’être tout à fait. En fait pour le bouddhisme tout est illusion par conséquent la notion de conversion n’y a aucune pertinence, comme celle d’apostasie d’ailleurs. Je caricature à peine. Il y a bien une formule de conversion au bouddhisme : « Je prends refuge dans le Bouddha. Je prends refuge dans le Dharma. Je prends refuge dans le Sangha. » Le Dharma signifie ici mon état au sens où les chrétiens naguère entendaient le « devoir d’état », notion largement démodée (à tort ?). Le Sangha est la communauté des croyants.

Islam

Devenir musulman est très facile (voir ce lien avec le même regard que le précédent, comme information non comme tentative prosélyte). Il suffit de proclamer la « chahada » devant témoins, musulmans de préférence, mais ce n’est même pas obligatoire. Et la sortie de l’Islam est théoriquement impossible, en pratique punie de mort. Donc faites attention de ne pas dire trop de bien du Prophète devant vos deux amis Noureddine et Djamel le dernier soir où vous aurez trop bu avant d’être devenu musulman par inadvertance. Je plaisante mais je ne devrais pas, on se prend une « fatwa » pour moins que ça.

Athéisme

Devenir athée est le plus facile : il suffit de ne rien faire. Certes des esprits compliqués cherchent à se faire radier des registres du baptême … Mais la pratique montre que même les athées (ou agnostiques) les plus convaincus, quand vient l’ « heure suprême », bref la mort, sentent comme une légère inquiétude dans le creux de l’estomac voire de l’âme et s’empressent de faire le « pari de Pascal » sachant que dans son infinie miséricorde le Christ a pris ardemment la défense des « ouvriers de la 11e heure ». Mais est-on vraiment « athée confessant » ?

Conclusion mécaniste en forme de défi dialectique

Donc en terme de mécanique, l’hindouisme est hors périmètre en tant que système isolé, le bouddhisme et l’athéisme sont trop volatils pour être mesurés, le christianisme est de type ouvert et perd son contenu. L’islam quant à lui ne peut qu’augmenter puisque que l’entrée y est facile et que la sortie en est impossible.

Donc l’Islam est inexorable.

Si cette conclusion vous déplaît, vous avez toute licence pour réfuter mon raisonnement.

Si elle vous enchante, ne vous enthousiasmez pas trop, cette conclusion est très certainement réfutable.

Enfin, si vous ne comprenez rien au second degré, je ne peux rien pour vous.

Bâle III. Résultat des tests au 31 décembre 2011

Traduction libre mais fidèle du communiqué de presse de la BIS du 20 septembre intitulé « Quantitative impact study results published by the Basel Committee« . NB : pour ceux qui ne sont pas habitués à cette notation, qui devrait pourtant être standard, 1 G€ = 1 milliard d’€.

Le Comité de Bâle a publié aujourd’hui les résultats de son exercice de simulation de Bâle III. L’étude se fonde sur le processus de reporting précis établi par le Comité afin de vérifier périodiquement les conséquences des contraintes de Bâle III pour les marchés financiers.;  les premiers résultats basés sur les données de juin 2011 ont été publiés en avril 2012. 209 banques au total ont participé à l’étude, 102 banques du Groupe 1 (capital Tier 1 capital supérieur à 3 G€ et activités internationales) et 107 banques du Groupe 2 (les autres banques).

La mise en place de Bâle III autorise une phase de transition dans l’implémentation des nouveaux standards, cependant l’exercice de simulation suppose la mise en place de la totalité des prescriptions de Bâle III sur la base des données du 31 décembre 2011 (…). Aucune hypothèse n’a été formulée quant à la rentabilité des banques ou à d’éventuelles options stratégiques telles que modification du capital ou recomposition du bilan. Pour cette raison, les résultats de l’étude ne peuvent être comparées aux estimations du secteur bancaire lui-même.

Sur la base des données du 31 décembre 2011 et en appliquant les changements de définition du capital et de la pondération des risques par classe d’actifs, la ratio Tier1 capital (CET1) du Groupe 1 ressort à 7.7%, à comparer avec l’exigence minimum de 4.5% de Bâle III. Afin que l’ensemble des banques du Groupe 1 atteigne cette exigence minimum de 4.5% une augmentation du CET1 de 11.9 G€ est nécessaire. La pénurie de capital monte à 374.1 G€ pour atteindre le niveau cible de 7.0% de CET1 (en incluant le « capital conservation buffer » – NDT : je ne me risque pas à traduire); ce montant inclut la surcharge pour les banques « systémiques » dans les cas où elle s’applique. A titre de comparaison, le total des profits après impôts et avant paiement du dividende était de 356 G€ en 2011 pour les banques du Groupe 1. Par rapport à la simulation de juin 2011, la pénurie de CET1 a diminué de 26.9 G€ au regard de l’exigence minimum de 4.5% et de 111.5 G€ au regard du CET1 cible de 7%.

En ce qui concerne les banques du Groupe 2, le ratio CET1 moyen s’élève à 8.8%. Pour atteindre le nouveau ratio CET1 de 4.5%, le capital supplémentaire nécessaire est estimé à 7.6 G€ et à 21.7 G€ pour atteindre le ratio cible de 7%. Pour mémoire, la somme des profits après impôt et avant distribution des banques du Groupe 2 a été de 24 G€ pour 2011. …

Quelques commentaires rapides :

1/qui peut se représenter ces montants vertigineux ? le spectateur du journal de 20h, statistiquement moyen, donc non nécessairement médiocre, entend « 374 milliards d’€ ». Combien ne visualisent encore que les francs ? Cette somme représente environ 2450 milliards de francs. Et parmi eux, combien font-ils la conversion implicite en anciens francs ? Et là la somme représente 245 000 milliards de centimes, 245 millions de millions de centimes. Ce n’est pas anodin. Les représentations mentales de l’électeur ou du citoyen ne correspondent plus aux montants en jeu. A contrario, celui qui entend « 374 milliards d’€ » peut parfaitement se représenter cette somme en centimes et comprendra implicitement soit 57.1 M€. Je crains qu’en fait plus personne ne se comprenne.

2/ mais ces montants sont-ils ausi vertigineux que nos représentations ? le communiqué de presse de la BRI laisse entendre que le déficit en capitaux propres est pratiquement égal au montant des bénéfices avant distribution. Il semble donc que la solution soit simplissime : les banques suspendent la distribution du dividende pendant un an, mettent les profits dans leur report à nouveau comptable qui fait bien partie du Tier 1 et le tour est joué. Il est même envisageable pour ne pas traumatiser les actionnaires d’étaler cette mesure sur deux ou trois ans.

3/ le manque de fonds propres pour vertigineux qu’il paraît semble donc assez aisé à pallier puisqu’il n’est même pas nécessaire ne procéder à un appel de fonds aux actionnaires actuels ou nouveaux

A moins que les éléments fournis par les banques ne cachent la réalité …

A moins que les banques ne soient pas en mesure de connaître réellement leur situation …

Deux hypothèses qui n’ont rien de fantaisiste : nous y reviendrons.

La Belgique et l'avenir de la francophonie

Et après tout si l’exil massif de nos riches contribuables français vers la Belgique était porteur d’avenir ? Je vous vois froncer les sourcils mais je vous demande un peu de patience au long de mon raisonnement. Je signale au passage que je connais bien la Belgique et que j’aime beaucoup les Belges qu’ils soient flamands ou wallons (je devrais sinon renier 90% de mon arbre généalogique …)

Il est clair que la Belgique est divisée sur la question linguistique. les néerlandophones de Flandres considèrent qu’ils financent en pure perte la Wallonie en crise permanente et incapable de se renouveler. Ne les accusons pas de mesquinerie, le nord de l’Italie a la même attitude vis-à-vis du Sud, à ceci près qu’il n’y a pas plus de Camorra à Namur que de Mafia à Liège. Ceci illustre en tout cas qu’il est plus facile de manifester sa solidarité dans la rue que dans sa déclaration de revenus.

Et du côté wallon, le parti « rattachiste » (rattachement à la France) connaît une audience plus que symbolique, croissante dans tous les cas de figure. Ils se disent qu’en France on est en mesure de connaître leurs difficultés qui sont celles de la Lorraine et du Nord-Pas-de-Calais (au passage ce serait plus joli d’appeler cette province « Flandre-Artois » mais qu’elle ne se plaigne pas, les Provençaux vivent désormais en PACA !).

La réelle pomme de discorde est Bruxelles. La ville est indiscutablement francophone mais encerclée de banlieues plus ou moins néerlandophones qui cherchent à boucler totalement le périmètre. Quel est donc l’intérêt de la France « dans tout ce bazar » comme on dit en Belgique ?

La langue anglaise s’impose de plus en plus dans les discussions réelles des instances internationales, Commission Européenne incluse. Le français n’est plus la langue diplomatique qu’il fut aux XVIIe et XVIIIe siècle (Leibniz, éminent philosophe et scientifique allemand écrivait en français, ce qui rend d’ailleurs inexcusable la caricature que Voltaire fait de sa pensée dans Zadig).

Laissons donc les Belges néerlandophones prendre leur indépendance ou rallier les Pays-Bas, ouvrons les bras aux Wallons et faisons de Bruxelles une capitale européenne au statut similaire à Washington DC. Pour lui donner plus de poids, laissons le Parlement européen quitter Strasbourg. Fonctionnaires et parlementaires européens seront bien obligés de parfaire leur français au moins pour leur vie quotidienne. Et la langue française retrouvera une place de choix dans les échanges internationaux.

Au moins nos riches exilés renforcent le poids de la francophonie en Belgique : les néerlandophones n’achèveront leur encerclement ni à Ixelles, ni à Uccle.

Simple plaisanterie que ce post ? A vous de voir.

Bernard Arnault le Belge (suite)

C’est notre deuxième post sur ce sujet. Mais il n’est plus question de viser Bernard Arnault personnellement. Si l’on en croit un article du Mediapart d’aujourd’hui (« Comment Bernard Arnault énerve les patrons »), ses pairs s’en chargent.

Il s’agit plutôt de parler des manifestations organisées par le syndicat belge FGTB (Fédération Générale des Travailleurs Belges) dans le quartier chic d’Ixelles (au sud de Bruxelles).

Première réflexion, les Belges montrent là un certain désintéressement. Ils pourraient se réjouir que de riches étrangers viennent payer leurs impôts. S’agit-il d’une prise de conscience fiscale européenne ? Ce serait une bonne et belle nouvelle. Mais espoir déçu, le maire d’Uccle fait les doux yeux aux exilés fiscaux français (Le Monde du 15 septembre)

Mais la représentante de la FGTB, Madame Demelenne, demande « que les revenus financiers soient taxés à la même hauteur que les revenus du travail, de l’ordre de 28 % ». Cette demande pose effectivement une question fondamentale de la fiscalité.

Quelque soit la manière dont vous percevez une somme donnée (salaire, dividende, allocations diverses, droits d’auteur, etc …), cette somme vous donne le même pouvoir d’achat, si vous la dépensez, ou contribue de la même manière à la constitution de votre patrimoine si vous l’investissez. Donc pourquoi la fiscalité des revenus dépend-elle de leur nature ? Généralement parce que la politique fiscale cherche à favoriser telle ou telle catégorie de revenus (pour des raisons de stimulation d’un secteur économique donnée ou, de façon moins avouable, pour favoriser un électorat conquis ou à conquérir). Cependant, les raisons initiales de cette différence de taxation sont souvent oubliées et on ne les maintient plus que parce que ses bénéficiaires ne pourraient accepter qu’on abolisse ce qui est devenu un avantage fiscal.

En résumé :

  • sous l’angle de l’équité fiscale, il n’y a aucune raison que les revenus soient taxés selon des modalités différentes
  • cette différenciation peut se légitimer en fonction du rôle incitatif de la politique fiscale, plus difficilement par son rôle redistributif (ce qui est plutôt légitime)
  • elle a également un rôle fréquent de symbole politique ou de signal à une partie du corps électoral (ce qui est moins bien)
  • elle ne se maintient souvent que par l’oubli de ses motivations originelles et par un sens des « droits acquis » qui n’est pas l’apanage des syndicats

Pour ceux qui l’ignoraient encore (je serai curieux de savoir qui), la politique fiscale peut s’appuyer sur des règles simples mais sa mise en application se complique assez rapidement. Prenons un exemple, le valse-hésitation sur la fiscalité des allocations-familiales.

Pour certains, les familles aisées n’auraient pas besoin des allocations familiales. Ce principe a été considéré comme contraire à l’égalité : un enfant de « riches » et un enfant de « pauvres » ont les mêmes droits et besoins de base. Les allocations familiales furent un temps intégrées dans l’assiette imposable. Ce qui paraît logique : pour les ménages aisées, elles constituaient un appoint non vital donc tout à fait taxable au taux marginal.

Or la situation actuelle est la suivante : les allocations familiales payées par la Caisse d’Allocation Familiales sont exonérées dans tous les cas de figure, les compléments versés par l’entreprise sont assujettis à l’IRPP car considérés comme un complément de salaire. Un peu illogique n’est-ce pas ?

Mais c’est oublier une spécificité française. Les allocations sont payées sur le budget de la protection sociale et les impôts collectés sur le budget de l’Etat. Imposer les allocations familiales revenaient donc à faire un transfert de la protection sociale à l’Etat : or on ne mélange pas les deux budgets. Ceci illustre une difficulté supplémentaire de la fiscalité en France : il y a de facto deux fiscalités qui se superposent et qui, jalouses de leurs prérogatives, ne communiquent que peu. Mais ceci nous emmène trop loin …

Bernard Arnault le Belge

Bernard Arnault a fait sa fortune sur une certaine image du luxe français. Y serait-il parvenu sur l’image mondiale du luxe belge ? C’est douteux. Il doit donc au moins à la France l’image qu’elle a acquise au fil des siècles. Il peut payer sa contribution.

Socrate accepta de boire la cigüe car il considérait que la cité qui le condamnait injustement avait fait de lui ce qu’il était et qu’il devait donc fidélité à ses lois. Bernard Arnault n’est donc pas Socrate. Mais on le savait déjà.

Enfin quel que soit le gouvernement et sa politique, tant qu’il demeure dans le cadre de l’Etat de droit, se soustraire à l’impôt sous des prétextes économiques fallacieux revient à refuser la loi commune et se forger sa loi privée. C’est un retour à la barbarie, fût-elle en col blanc.

Les riches ne sont pas à maudire parce qu’ils sont riches : c’est là une forme de racisme. Cependant certains comportements donnent des verges pour se faire battre : « faire payer les riches » criera-t-on à gauche, « mort aux ploutocrates cosmopolites » entendait-on outre-Rhin.

Mais ici ce n’est pas de richesse et de réussite qu’il s’agit mais simplement de cupidité. Le problème n’est plus économique ni politique mais psychologique. Avec une fortune estimée à 41 milliards d’euros (principalement des actions de son groupe LVMH, donc risqués et mérités) quel est donc le problème de Bernard Arnault ? Une question de principe économique ? Allons voyons …

Une simple question : Bernard Arnault présente-t-il la feuille de soins de son psy à la Sécurité Sociale ?

Le "Papillon de Rio"

Dans un post tout récent (par plus tard que tout à l’heure en fait), nous avons évoqué la métaphore de ce fameux « papillon de Rio » dont le battement d’aile pourrait à terme provoquer une tornade en Australie ou aux Caraïbes selon les goûts touristiques ou les connaissances géographiques de celui qui la prononce.

Dès qu’on parle de « papillon », il faut reconnaître qu’il y a une connotation poétique, bien supérieure à celle de « tractopelle », qui favorise la mémorisation faute de mettre l’accent sur l’exactitude.

Cette fameuse métaphore illustre en fait le caractère imprévisible des phénomènes complexes qu’on appelle « chaotiques ».

Il faut donc revenir sur ce qu’on appelle un « phénomène chaotique ». En fait, ce n’est pas une grosse pagaille, mais un phénomène parfaitement déterministe apériodique. Ceci signifie qu’on peut parfaitement expliquer le déroulement du phénomène mais qu’il ne répète jamais. Donc pour le prédire, il faut effectuer le calcul de l’origine à la date de la prévision voulue. Implicitement cela signifie également, et c’est là toute la difficulté, que la précision la plus totale est indispensable car le moindre écart revient à décrire le phénomène à un tout autre moment qui peut être dans 10 s, 10 ans ou 10 ères géologiques. C’est ce qu’on appelle la « sensibilité aux conditions initiales ».

Un exemple classique de ce type de phénomène est le mouvement d’un pendule. Le mouvement d’un pendule simple, petite boule unique accrochée à son unique ficelle fixée à son unique clou, est parfaitement prévisible car périodique et, n’hésitons pas à le dire, franchement monotone, même en prenant en compte le frottement de l’air. Imaginez qu’à la boule de ce pendule, on accroche un autre pendule, eh bien non, vous ne pouvez imaginer à quel point les choses se gâtent. Pourtant, si vous savez écrire l’équation du pendule simple, vous saurez écrire celle du pendule « articulé », mais vous avez basculé dans le monde du « chaos ».

Mais ce n’est pas pour autant le n’importe quoi. Car si on dessine le mouvement sur un graphique, on pourra retenir comme coordonnées les variables les plus significatives, ici par exemple les deux angles que font les deux pendules par rapport au temps. Ce graphique représente ce qu’on appele l’ « espace des phases » ou degrés de liberté. Et la courbe fera une infinités de boucles qui se couperont, se recouperont, sans jamais se chevaucher mais qui finiront par dessiner une frontière floue qui ne sera, a priori, jamais dépassée, qu’on appelle « attracteur étrange » (voir un exemple sur Wikipedia). Le chaos est décidément très poétique. Mais il ne dépasse jamais certaines limites.

Donc le battement d’ailes d’un papillon à Rio peut avoir des conséquences imprévisibles mais il y a fort à parier que l’attracteur étrange de son incidence climatique dépassera difficilement Sao Paulo.

Nous parlions du « Papillon de Rio » dans la cas du calcul de la VaR (value-at-risk) d’un portefeuille. C’était parfaitement approprié. La valorisation d’un portefeuille peut elle aussi varier dans un périmètre qui n’est rien d’autre que son « attracteur étrange » qu’on peut modéliser et donc contre lequel on peut se prémunir avec plus ou moins de sagesse.

Règlementation bancaire. La VaR (value-at-risk)

Il faut encadrer l’activité bancaire car les banquiers font n’importe quoi :

  • quand ils gagnent de l’argent, il se servent des bonus délirants (Antoine Zacharias chez Vinci n’était pourtant pas banquier)
  • quand ils perdent de l’argent, ils mettent l’économie en danger

et ce n’est pas faux …

Que faire de ces gens-là, car on en a quand même parfois besoin quand on veut investir :

  • pour acheter son logement, il vaut encore mieux compter sur son banquier que sur la famille qui est soit démunie, soit clairement déterminée à vous laisser payer des droits de succession sur un héritage qui arrivera trop tard.
  • pour investir dans son entreprise, il vaut mieux compter sur son banquier que sur un « business angel », espèce rarissime de ce côté-ci de l’Atlantique, qui ne vous prêtera que s’il est sûr que l’affaire est prometteuse et qu’il pourra vous la piquer dès qu’elle aura atteint son rythme de croisière.

On impose donc une réglementation bancaire fondée sur le principe de bon sens suivant : la banque doit avoir assuré ses arrières. En terme financiers et plus académiques, ses fonds propres doivent lui permettre de faire face aux risques liés à ses engagements.

Et pour faire court, le grand principe de base de la réglementation bancaire est que vos fonds propres doivent être un pourcentage (8% si ma mémoire est bonne) de votre VaR (« value-at-risk »).

La VaR. Qu’est-ce que cette bête-là ?

La VaR est une notion tout à fait intéressante, et n’hésitons pas à le dire pertinente, élaborée par la banque J.P. Morgan dans le cadre d’un système de contrôle (ou plutôt d’auto-contrôle) appelé RiskMetrics. Il s’agissait de mesurer sur un portefeuille donné le risque encouru en répondant à la question suivante « quel est le montant V tel que, d’ici demain, j’ai 5% de probabilité – on n’ose dire de chances – de perdre V ou plus ». C’est ce qu’on appelle une VaR 95% à 1 jour.

Cette notion avait l’avantage d’obliger le gestionnaire du portefeuille d’actif à se poser de bonnes questions sur son exposition et sa couverture et lui donner une idée concrète, parfois effrayante, d’un risque dont il est impossible d’avoir une idée intuitive. Mais, pour un trader, il s’agissait d’un chiffre synthétique qui donnait une vision synthétique et rapide alternative à la connaissance approfondie et détaillée qu’il a naturellement de son portefeuille, s’il est un minimum sérieux et compétent, ce qui n’est jamais garanti.

Or la VaR présente les inconvénients de ses qualités, phrase qui ne voudrait rien dire, si la pratique ne la confirmait. On a trouvé l’idée tellement bonne qu’on a essayé de la mettre à toutes les sauces :

  • en termes réglementaires, on est passé de la VaR 95% 1 jour que nous vous avons expliquée à la VaR 99% 10 jours. ce qui pose un problème
  • on a généralisé au point d’obtenir LA VaR de toute une banque

La VaR 99% 10 jours

Qu’un trader souhaite anticiper ce qui peut lui tomber dessus le lendemain est une garantie de sérieux et de santé mentale car c’est un métier difficile. Mais comment passer d’une prévision au lendemain à une prévision à dix jours. Demandez à un météorologue ce qu’il en pense, et il vous parlera de modèles à établir, de super-calculateurs à élaborer et d’incertitude sur le résultat. Et non, il ne vous assènera pas la célèbre métaphore du « papillon de Rio » car elle est fausse.

Pour les marchés, la difficulté est pire car si la météo ne dépend, par définition, que du temps qu’il fait, les marchés dépendent aussi du temps qu’il fait. Ils varient, tout le monde le sait, de déclarations de tel ou tel homme politique, directeur de Banque Centrale ou chef d’entreprise, voire des états d’âme, justifiés ou non, de telle  nation. L’exercice est donc on ne peut plus acrobatique.

Donc première question pourquoi vouloir prévoir à dix jours (ouvrés) ? Parce que ça fait deux semaines. Et pourquoi deux semaines ? Parce que si on avait dit une semaine, on aurait eu l’air très imprévoyant voire futile et à un mois on aura eu trop visiblement l’air de jouer les Nostradamus. Le choix des dix jours est donc plutôt arbitraire.

Et pourquoi établir un horizon de confiance à 99% et non 95% ? Parce que une chance sur cent est intuitivement équivalent de l’improbable voire de l’impossible. Car si personne n’est assez fou pour jouer à la roulette russe avec une carabine, il y a des amateurs de roulette russe au six coups et, à peu près n’importe qui serait prêt à jouer à la roulette russe pour 1M € avec un barillet hypothétique de cent positions chargé d’une seule balle. Le 1% est donc tout aussi arbitraire que le 10 jours.

Comment donc passe-t-on de la VaR opérationnelle primitive 95% 1 jour à la Var réglementaire 99% 10 jours ? Facile avec les probabilités, il suffit de supposer une loi de distribution des variations des marchés (des « rendements ») qui soit « normale » et n’importe quel élève de deuxième année de licence (saudf en langue, droit, philo ou psycho, ce qui commence à faire du monde) passe de l’une à l’autre par l’application d’un simple coefficient multiplicateur, ce que tout le monde fait allègrement.

Mais qu’est-ce que cette loi « normale » ? Un instrument très utile, sauf pour décrire la normalité … Car elle suppose que les évènements d’un jour sont indépendants de ceux de la veille et n’influencent pas ceux du lendemain. Inutile d’être un ancien de l’ENSAE pour comprendre que l’hypothèse est hardie, voire inconsciente en période de crise. Tout le monde sait bien que les décisions de Sarkozy et de Merkel d’avant-avant-hier ont une influence sur les élections grecques de juin. Inutile de fournir un autre exemple.

La VaR globale

Rappelons qu’à ses débuts, la VaR était un outil de mesure du risque d’un portefeuille de taille limitée. Une banque de marché est un ensemble de portefeuilles, plutôt nombreux, de tailles limitées qui finissent par faire de (très) gros engagements.

Si les risques de ces portefeuilles étaient totalement indépendants, le calcul d’une VaR globale serait simple. On sait additionner les risques d’évènements indépendants pour établir un risque global, quoique …

En tout cas, dans une banque, les risques ne sont pas indépendants. Un exemple simple : un portefeuille peut être détenteur d’un actif (« long ») ou vendeur d’icelui (« short »). Avec un peu de chance, la banque n’est ni acheteuse, ni vendeuse de cet actif si le portefeuille 1 est détenteur de la quantité d’actif dont le portefeuille 2 est « short ». La banque est dans ce cas non exposée au global (« flat »).

En outre, deux portefeuilles peuvent être exposés à des actifs dont la valeur est liée. Par exemple, des valeurs liées au pétrole seront liées au cours du dollar puisque le pétrole est libellé en dollar.

Il est donc nécessaire pour calculer le risque global d’une banque de bien maîtriser la corrélation de ces risques. Et là, ça se gâte franchement. Dans un article prochain, nous vous en ferons la démonstration.

Mais pire que tout cela, il est évident que résumer le risque de toute une activité à un chiffre unique, fût-il la VaR 99% 10 jours est une aberration. Est-il nécessairement d’avoir recours aux théories de l’information, de la complexité pour comprendre qu’un nombre unique, en le supposant exact, hypothèse déjà hardie, véhicule nécessairement moins d’informations qu’un tableau de chiffres, les explications de ceux qui l’ont élaboré et les questions des ceux qui le lisent ?

C’est pourtant, à peine caricaturé, le fondement de la réglementation bancaire qu’on nous assène régulièrement depuis des mois.

A suivre …

L'illusion de la "règle d'or"

Inscrivez dans la Constitution la « règle d’or » (interdiction du déficit dont les modalités restent à préciser) et le problème sera réglé.

Mais alors pourquoi donc refuser une solution aussi simple ?

Voit-on souvent des problèmes complexes résolus par des solutions simples ? Quand cet évènement exceptionnel se produit, cela signifie généralement que le problème était plus simple qu’on ne le croyait et qu’on le prenait sous un mauvais angle.

Et cette « règle d’or » est d’une naïveté confondante. Comme s’il suffisait de signer un engagement pour le respecter : le mariage n’a jamais empêché l’adultère …

Plus sérieusement, donc plus financièrement parlant, c’est oublier comment la Grèce a forcé l’entrée dans l’euro. Le gouvernement grec a subtilement négocié avec la banque Goldman Sachs un certain nombre d’engagements sous forme de swaps complexes qui permettaient de sortir une dette considérable des statisques visibles : c’est la fameuse technique du hors-bilan.

De mauvaises langues prétendent même que la dette allemande est bien supérieure à son affichage, les garanties apportées aux Landesbanks constituent un engagement hors-bilan d’autant plus proche de la dette que ces banques régionales sont en piteux état.

Enfin, c’est oublier que le « Pacte de Stabilité » exigé par l’Allemagne comme corollaire du Traité de Maastricht a été signé. Et enfreint pour la première fois par … l’Allemagne (voir l’historique sur le site de la Documentation Française).

Enfin, un engagement de type « règle d’or » présentent deux caractéristiques dangereuses :

  • pour les gouvernants : croire que la mesure étant prise, elle est effective. C’est le défaut de bien des managers : croire que le planning et la réalisation sont une seule et même chose
  • pour les gouvernés : croire que les gouvernants ont agi. Mais avouons que ce n’est pas sans avantages pour un gouvernement plus soucieux de communication que d’action en profondeur.

Mais pour des raisons électorales, la « règle d’or » sera probablement adoptée après les législatives françaises. On en parlera au sommet européen du 28 juin. Angela Merkel en aura besoin près de son électorat et François Hollande aura sa majorité. La France essaiera de ne pas l’inscrire dans sa Constitution.

Et ensuite, les pronostics sont ouverts pour savoir quand l’Allemagne violera la « règle d’or » car elle sera la première à le faire : quand on est au sommet d’un cycle, on ne peut que redescendre n’est-ce pas ?

Alors contre la « règle d’or » ? Certainement pas. Mais elle doit être présente dans tous les esprits et non seulement sur un papier, fût-il la Constitution de la République.

Mais la « règle d’or » doit être appliquée intelligemment. C’est-à-dire, pour faire simple, elle doit refuser de financer le fonctionnement de court terme par de la dette à long terme mais privilégier l’investissement financé par une dette de bon aloi.

Cessons donc de nous bercer de slogans.