Ils ont abattu les grands arbres de Kurt Jaïs-Nielsen

ils-ont-abattu-grands-arbres-kurt-jais-nielsenKurt Jaïs-Nielsen vient de publier son deuxième roman Ils ont abattu les grands arbres chez Tensing. Il nous a paru normal d’en parler pour 3 raisons.

Pourquoi après avoir évoqué le Prix Médicis et les quatre finalistes du Goncourt, évoquerais-je un auteur encore méconnu publié chez un éditeur qui l’est tout autant ?

Raison n°1

La réponse est peut-être dans la question. Pourquoi toujours céder à la mode et au flux médiatique inévitable sinon imposé ? Il paraît plus de 200 romans en moyenne par semaine. Comment se retrouver dans une telle production qui peut prétendre avoir tout lu ? Il est donc logique que les grands éditeurs et médias « simplifient » la tâche des lecteurs. Et je ne parle pas de celle des libraires car au total, ce sont plus de 1200 titres qui paraissent chaque semaine en incluant bande dessinées, mangas, ouvrages techniques et livres pour enfant.

Il n’empêche qu’on peut donner sa chance à un auteur et à un éditeur. Voilà, c’est chose faite.

Raison n°2

Le thème du roman a également attiré mon attention. En voici la présentation par l’éditeur :

Quand Eva part pour le Rwanda elle pense laisser derrière elle le mal de vivre qu’elle traîne depuis l’adolescence. Plus que la verdeur et les brumes du pays des mille collines, ce sont les habitants d’un village proche du lac Ruhondo, Jean, sa mère Solitude, Agathe sa grand-mère qui lui feront découvrir un bonheur simple qui la comble. Mais bientôt la réalité sauvage du génocide rwandais les submergera.

À son tour, Eva parviendra-t-elle à sauver Jean, l’enfant rescapé d’une tuerie hutue ? Quelle sera l’issue de leur errance sur les routes jonchées de cadavres et de misère ? Trois ans plus tard, de retour à Paris, elle est rattrapée par son ancienne mélancolie qui ne la quittera plus. Est-ce cependant une raison suffisante pour commettre l’irréparable ?

La thématique du génocide rwandais et de la nostalgie des Grands Lacs africains revient régulièrement comme un remords qu’on essaie d’enfouir sans jamais y parvenir. La France a joué un rôle dans ce drame mais lequel ? Fut-il bien ou malveillant ? Le saura-t-on un jour ?

Mais surtout, si les pays occidentaux devaient faire le travail de deuil et de réparation nécessaire, ils devraient aussi traiter la génocide silencieux du Kivu, voisin du Rwanda, qui continue pendant que nous regardons ailleurs, parfois même à juste titre puisque d’autres drames se jouent à nos portes.

D’ailleurs sur la thématique des Grands Lacs, Petit Pays de Gaël Faye fait actuellement une belle carrière et a encore toutes ses chances pour le Goncourt.

Donc si la douceur et la violence de la région des Grands Lacs vous interpellent et si vous ne voulez pas jouer le jeu des prix littéraires, laissez vous tenter par Ils ont abattu les grands arbres

Raison n°3

Kurt est un ami …

N’est-ce pas la meilleure des raisons ?

Il a aussi publié le 30 septembre 2015 Le Goût de la Rhubarbe, un polar original qui a reçu le Prix Scriborom 2015. (Kurt avait oublié que c’était mon anniversaire le 30 et que j’adore la rhubarbe : je ne suis pas rancunier).

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