Quand les Dieux se moquent

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Paru le : 13/06/2012

 

Quand les Dieux se moquent
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Après Celui qui savait, dans lequel l'auteur dresse le tableau d'un appartement communautaire de 1965 à aujourd'hui et que Le Figaro n'a pas hésité à qualifier de chef-d'oeuvre, Alexandra Marinina revient à ce qui a fait sa gloire en Russie : les romans policiers.

Deux assassinats viennent d'être commis dans deux villes différentes, mais selon le même mode opératoire et, tous deux, après un concert d'un jeune groupe de rock russe, BBC, dont les victimes étaient des fans. Pendant ce temps-là, une jeune fille de dix-neuf ans, Evguenia Roubtsova, reçoit les lettres d'un admirateur.

Son père, un riche entrepreneur qui contrôle sévèrement ses faits et gestes pour la protéger, intercepte une de ces missives et y lit cette phrase inquiétante : "Je ne permettrai à personne de dire du mal de la plus belle fille du monde. Je viens de le prouver, encore une fois".

Alertée, la Pétrovka, l'équivalent russe du Quai des Orfèvres, découvre qu'Evguenia ressemble comme deux gouttes d'eau à la chanteuse du groupe et se demande s'il n'y a pas méprise. Convoquée pour établir un portrait-robot de son admirateur, puis, plus tard, regarder des photos de tueurs, Evguenia se trouble soudain.

Et ce n'est probablement pas seulement parce qu'elle est tombée amoureuse du bel Igor Lesnikov qui l'interroge' Alexandra Kamenskaïa, qui coiffe l'enquête, devra vite démêler l'histoire avant que l'assassin ne tue à nouveau.

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EXTRAIT


Le passage de la chaleur étouffante de la rue à la pénombre fraîche de l'entrée tira un sourire involontaire à Olga. D'ailleurs, elle souriait toujours à cet endroit précis, sur la volée de marches conduisant à l'ascenseur. Chaque fois, la même phrase lui venait à l'esprit : comme il est bon d'avoir un endroit où l'on va avec plaisir. Comme il est bon d'avoir, dans ce monde, une personne avec qui il est impossible de se brouiller quoi qu'il arrive. Une personne qui ne vous trompera pas et ne vous trahira pas. Une personne de qui, comme elle en avait vécu l'expérience, on ne peut pas se séparer.
La porte à peine ouverte, Olga s'écria :
- Tu es là ?
- Absolument ! lui renvoya Pavel. Pourquoi rentres-tu si tôt ?
Elle ôta ses sandales à hauts talons et passa pieds nus dans la chambre en retirant son chemisier noir et sa longue jupe droite.
- Pavlik, tu sais ce qu'est le bonheur féminin ?
Pavel apparut sur le seuil et la regarda d'un air un peu moqueur.
- Je le devine.
- Non, tu ne devines pas. Le bonheur féminin est l'achat réussi d'une pièce de lingerie. Et le malheur féminin ?
- Sans doute l'achat raté d'une pièce de lingerie. J'ai deviné ?
- Malin.
Elle jeta ses vêtements sur le fauteuil et saisit une légère robe de chambre en soie. Pavel détourna le regard, comme il faisait toujours, mais ne sortit pas de la pièce. Ils ne se gênaient pas vraiment, mais respectaient quand même certaines convenances. - Quelle connerie ! s'exclama Olga, toute nue. Tu te souviens de la lingerie que nous avons achetée ensemble à Barcelone ? Elle était tellement jolie... Eh bien, je l'ai mise aujourd'hui et la dentelle m'a irritée à un point ! L'horreur ! Au lieu de prendre des poses érotiques pour affrioler mon chéri, je me tortillais en choisissant le bon moment pour me gratter. Tu parles d'une love story ratée ! J'ai dû prétexter une migraine pour me retirer du champ de bataille sexuel. Purée ! s'écria-t-elle encore en se regardant dans le miroir. J'ai les cuisses tout irritées. Et la poitrine aussi. Ce n'est tout de même pas de chance, je ne pourrai plus porter une telle beauté. Voilà le malheur féminin.
Elle enfila sa robe de chambre et en noua la ceinture.
- Voilà ! Tu peux te retourner. Au fait... tu ne devais pas aller t'amuser, toi aussi ? C'est annulé ?
Il s'approcha du divan et s'y renversa en levant haut les jambes.
- Aujourd'hui, c'est un jour sans. Ma chérie à moi a été informée du retour inopportun de son cher époux et a préféré ne pas prendre de risques. La vie est longue et nous aurons d'autres occasions. Dis... et si nous allions dîner quelque part ? Mon aventure donjuanesque loupée m'a laissé un goût amer. Au moins, je pourrais te faire la cour.
Olga toucha prudemment du bout des doigts les plaques rouges sur ses cuisses et ses seins qui la démangeaient encore, puis elle fit non de la tête.
- Il vaudrait peut-être mieux que je ne m'habille pas jusqu'à demain, répondit-elle avec une nuance de doute. Il y a plein de nourriture dans le frigo. À quoi bon sortir ?


DONNÉES TECHNIQUES


Pages400
ISBN9782702143315