N'ouvrez pas ces archives !

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Paru le : 21/10/2010

 

N'ouvrez pas ces archives !
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" Ce serait mieux que vous veniez seule, cette fois " me suggéra au téléphone le Docteur Katalin
Kutrucz, la directrice des Archives de la Police Secrète hongroise. La dernière fois que nous nous étions rencontrées, j'étais accompagnée d'un ami avocat qui savait parfaitement comment se débrouiller aux Archives. A cette occasion, le Docteur Kutrucz s'était montré très professionnelle : sèche, impersonnelle, très bureaucratique. Une apparatchik de la vieille école, m'étais-je dit alors, qui m'autorisa seulement à voir, comme c'était mon droit selon la législation de la Hongrie post-communiste, les dossiers que la Police Secrète détenait sur mes parents. Cette fois-ci, le ton de sa voix était différent, plus humain, empreint de compassion. C'est cette intonation nouvelle qui m'inquiéta. Alors que je venais de remplir ma demande d'accès aux dossiers, le meilleur historien de l'AVO, la Police Secrète hongroise, m'avait prévenue que j'étais sur le point " d'ouvrir la boîte de Pandore ". Mais je voulais connaître la vérité à propos de mes parents, de ce qui s'était vraiment passé à Budapest, pendant cette période lointaine de la Guerre Froide, quand ma soeur et moi n'étions que des enfants. Mes parents étaient restés assez discrets sur des pans entiers de notre histoire, alors que mon père était un journaliste tout à fait reconnu à cette époque et qu'il avait été plusieurs fois distingué sa couverture des évènements de 1956, lors de la révolution hongroise.
Durant toute ma vie avaient résidé au coeur même de l'identité de notre famille l'attitude provocatrice adoptée par mes parents à l'égard des communistes, leur courage entêté en tant que journalistes indépendants vivant derrière le rideau de fer, et cela jusqu'à leur arrestation, leur procès et leur condamnation comme espions à la solde de la CIA. A deux heures du matin, le 25 février 1955, au retour d'une partie de bridge chez l'attaché militaire américain, mon père fut enlevé par six agents de la Police Secrète. Cette arrestation fit la une du New York Times. Quatre mois après, ce fut au tour de ma mère. Presqu'un an plus tard, en janvier, le New York Times rapportait en première page : " Endre Marton, un correspondant de l'Associated Press résidant en Hongrie communiste vient d'être condamné à six ans de prison pour espionnage. Sa femme Ilona qui travaillait pour United Press est condamnée à trois ans' Les Marton ont deux petites filles, Kati et Juli ". Kati Marton raconte l'arrestation de ses parents pendant la Guerre Froide et la terrible séparation qu'elle a vécue.. Elle décrit la douleur endurée par ses parents en prison, séparés l'un de l'autre et de leurs enfants. Elle révèle la guerre secrète entre Washington et Moscou, dont ses parents n'était que les pions d'un échiquier. Ce récit stupéfiant est un tour de force, le décryptage de multiples complots et trahisons qui connurent une heureux dénouement avec une nouvelle vie entamée aux Etats-Unis.

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L'AUTEUR


Née en Hongrie, Kati Marton est journaliste et écrivain. Correspondante à l'étranger pour ABC News et la NPR (National Public Radio), elle a également publié de nombreux livres qui ont été des best-sellers. Mariée à Richard Holbrooke, envoyé spécial du président Obama pour l'Afghanistan et le Pakistan, elle vit à New York.


DONNÉES TECHNIQUES


Pages258
ISBN9782710707806