Dites-le ... avec humour

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Paru le : 20/03/2014

 

Dites-le ... avec humour
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Après la légèreté, étoiles d'encre aborde l'humour....
Parce que nous aimons tous et toutes le rire et le plaisir qu'il est censé nous octroyer, mais plus encore peut-être la découverte de ce qui est caché, masqué en nous et que ces instants de rire et de plaisir nous permettent d'explorer. L'imagination humoristique populaire est un havre pour faire contrepoids au désespoir. Et même si l'humour a mille formes, mille pays, mille figures, mille époques, mille contextes, il est, depuis la nuit des temps, cet arrêt sur rire qui nous sauvegarde, nous sauve, comme le font parler, nos auteurs dans ce numéro. L'humour franchit les frontières et les efface : dans ce recueil le dessin du 8 mars 2013 de Doaa Eladl : «Une femme fauteuil» répond au texte de Mahia Alonso «Une femme chaussure».

Trouver une femme caricaturiste pour illustrer ce numéro sur le thème de l'humour ne fut pas évident ! Et pourtant nous l'avons trouvée et c'est en Égypte !
Doaa Eladl, célèbre caricaturiste égyptienne, a généreusement offert ses caricatures. Elle a aussi illustré la couverture d'«Égypte An II» le livre de Fawzia Assaad qui s'est rendue au Caire pour la rencontrer et l'interviewer.
Artiste talentueuse et courageuse, elle croque chaque jour la réalité politique et sociale de son pays.

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EXTRAIT


Peut-on parler de l'humour dans l'édito d'un numéro de cette revue consacré à l'humour ? That is the question que je me pose depuis le début de ces lignes. Pourquoi avons-nous proposé ce thème me dis-je ? Parce que nous aimons tous et toutes l'humour. Nous aimons le rire et le plaisir qu'il est censé nous octroyer. Mais plus encore peut-être la découverte de ce qui est caché, masqué en nous et que ces instants de rire et de plaisir nous permettent d'explorer. Bien sûr me direz-vous, il y a humour et humour. Il y a même un certain humour qui ne fait pas rire du tout. Passons. Entre tragique et parodie, entre burlesque et grave, entre réel et imaginaire, l'humour revêt tous les habits que lui offrent les églises de notre chère humanité. Il traque nos travers, se moque de nos pseudo-vertus, nous prend en flagrant délit, s'indigne, en riant, de nos pensées inavouables et met à bas nos dogmes et nos hypocrisies. Cocasse, railleur, décalé, il nous convie, par sa tonalité moqueuse à prendre conscience de nos excès, de nos mensonges, de nos aliénations et de ceux de nos sociétés.
L'humour peut n'être que ces mots menus, volatils, oubliés aussitôt qu'entendus. Alors, il n'a d'autres histoires que celle de l'instant. Mais après tout, l'humour doit-il toujours avoir un sens grave, profond, sous ses habits rieurs ? Peut-être, mais l'essentiel n'est-il pas qu'il soit ce message construit autour de la vie, de sa fugacité comme de sa pérennité ? De son ridicule ou de sa bienséance ? De ses fenêtres et de ses cadenas ? Celui-là qui s'apparente à l'univers de chacun de nous et laisse sa trace dans nos mémoires. Celui-là par lequel chacun peut rire et réfléchir sur soi et sur les autres.
Ainsi les caricatures de notre illustratrice, Doaa Eladl, et le dialogue qu'engage avec elle sa compatriote, Fawzia Assaad, sont l'expression même de cet humour magistral, révélateur de son ancrage dans sa société et dans son époque. Le politique, les moeurs sociales, le religieux, l'Histoire... rien n'échappe à Doaa Eladl et à son intervieweuse. Ces quelques réponses de Doaa sont éloquentes :

- Le temps où les femmes nous gouverneront n'est pas loin... disent les barbus
- On colle à l'actualité. On lit les journaux. On suit les nouvelles sans répit.
- Dans notre métier on est systématiquement contre le pouvoir. Contre Moubarak, contre les militaires, contre Morsi. Nous avons pris l'habitude d'être contre. Voilà que nous nous trouvons «pour» l'armée. Ce n'est pas une situation confortable.

Évidemment, l'humour ne s'exerce pas uniquement dans les sociétés en paix ou dans les sociétés riches. Il peut même être plus incisif, plus acéré, plus cruel parfois, plus signifiant quand les sociétés sont en panne de quiétude et de bien-être. L'imagination humoristique populaire est un havre pour faire contre poids au désespoir. Et même si l'humour a mille formes, mille pays, mille figures, mille époques, mille contextes, il est, depuis la nuit des temps, cet arrêt sur rire qui nous sauvegarde, nous sauve, comme le font parler, trois auteures, parmi d'autres, dans ce numéro :

Ces traits intimistes :
de Sabah Sellah à propos de son chat qui vient de mourir :
Quand j'y pense, il aurait mérité un nom plus noble ! Aristote, Freud ou Platon ! Pourquoi pas ! Quand il me regardait, j'avais l'impression qu'il était en pleine réflexion métaphysique.

ou d'Anita Fernandez à propos d'Héraclès :
[elle disait] tu vois mon Hercule, tu es un héros et si on enlève le H du héros il devient Éros, l'amour... Elle disait que si je n'avais pas de sentiments c'est qu'on m'avait mis un H devant le coeur. Mais franchement l'orthographe et moi ça fait deux.

Et ceci dans le texte très politique d'Aldona Januszewski
Ça sent mauvais, vous ne trouvez pas ? Je tourne autour, allers-retours, la ritournelle revient. On n'y peut rien ? Vraiment ? Ça grince, ça coince, ça ne veut pas sortir ? Comment en rire ?

Ah ! L'humour.... il a de ces allures !


DONNÉES TECHNIQUES


Format21 x 1 x 15.1 cm
ISBN9782367950174