Antimémoires

Le Miroir des Limbes I

Auteur(s) :

Éditeur :

Paru le : 27/01/1972

 

Antimémoires
10.40 €

"Les Antimémoires sont une œuvre d'André Malraux publiée pour la première fois en 1967, qui constitue la première partie du Miroir des Limbes.

Le genre des mémoires se rapproche de l'autobiographie. La différence réside dans le statut social des auteurs, qui ont souvent joué un rôle public. Les mémoires se signalent donc par une attention portée aux événements politiques majeurs auxquels leur auteur a pu se trouver mêlé.

André Malraux, dans l'ouverture des Antimémoires, se demande quel intérêt il y a à se souvenir. Dans les premières lignes du livre, il évoque l'aumônier des Glières, pour qui « il n'y a pas de grandes personnes ». Malraux pose alors la question de la réflexion sur la vie."

Source Wikipedia. Article Antimémoires.

Les Antimémoires font souvent l'objet d'une citation aussi contestée que fréquente. Malraux y aurait écrit "Le XXIème siècle sera spiritualiste ou ne sera pas" voire "Le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas". Ce qui est tout de même assez différent : il suffit de comparer la moue boudeuse qu'opposent nos contemporains au son du mot "religion" et leur sourire radieux dès qu'il est question de "spiritualité", sourire qui confine à l'extase quand on glisse de la spiritualité au "développement personnel".

Ses développements sur le "destin subi en destin dominé" sont infiniment plus pénétrants qu'une citation intempestive.

Sujets : ,


EXTRAIT


"Je me suis évadé, en 1940, avec le futur aumônier du Vercors. Nous nous retrouvâmes peu de temps après l’évasion, dans le village de la Drôme dont il était curé, et où il donnait aux Israélites, à tour de bras, des certificats de baptême de toutes dates, à condition pourtant de les baptiser :  » Il en restera toujours quelque chose…  » Il n’était jamais venu à Paris : il avait achevé ses études au séminaire de Lyon. Nous poursuivions la conversation sans fin de ceux qui se retrouvent, dans l’odeur du village nocturne.

— Vous confessez depuis combien de temps?

— Une quinzaine d’années…

— Qu’est-ce que la confession vous a enseigné des hommes?

— Vous savez, la confession n’apprend rien, parce que dès que l’on confesse, on est un autre, il y a la Grâce. Et pourtant… D’abord, les gens sont beaucoup plus malheureux qu’on ne croit… et puis…

Il leva ses bras de bûcheron dans la nuit pleine d’étoiles : « Et puis, le fond de tout, c’est qu’il n’y a pas de grandes personnes… »

Il est mort aux Glières."

"Il n'est pas nécessaire de modifier les faits : le coupable est sauvé non parce qu'il impose un mensonge, mais parce que le domaine de l'art dépasse celui de la vie. L'orgueilleuse honte de Rousseau ne détruit pas la pitoyable honte de Jean-Jacques, mais elle lui apporte une promesse d'immortalité. Cette métamorphose, l'une des plus profondes que puisse créer l'homme, c'est celle d'un destin subi en destin dominé."


DONNÉES TECHNIQUES


Pages640
Format17,8 x 10,8 x 2,3  cm
ISBN9782070360239