La librairie « Les Volcans » de Clermont-Ferrand

L'exemple de la librairie "Les Volcans" de Clermont-FerrandPendant l’été, LivresHebdo.fr enquête sur les librairies qui font mieux que survivre dans un contexte difficile. Certes, il est de bon ton de parler de crise, de difficultés, que sais-je. Précisons que l’édition dans son ensemble résiste remarquablement bien face à la pression des autres médias plus ou moins culturels (TV, radio, Internet). C’est en soi une bonne nouvelle.

En revanche, la librairie connaît une crise authentique. Et il faut bien distinguer le marché du livre, du commerce du livre. En examinant les raisons pour lesquelles ces librairies réussissent, sera-t-il possible de trouver une méthode ou, au contraire, de constater des contraintes incontournables ?

Les suites de la faillite de Chapitre.com

Le contexte de la librairie « Les Volcans » de Clermont-Ferrand est très différent de celui du « Furet du Nord » de Dunkerque que nous évoquions dans un article précédent.

Lorsque Chapitre.com a été finalement mis en liquidation, les librairies ont connu des sorts divers de la fermeture à la reprise, suivie parfois d’un second échec. Cette diversité des destinées montre l’hétérogénéité du parc de librairies que gérait Chapitre qui semble n’avoir pas su la gérer. Belle démonstration d’échec d’une logique purement financière de course à la taille critique !

Miser sur le monoproduit et le conseil

La directrice de la librairie fait ici preuve d’une grande lucidité et sombre pas dans un enthousiasme délirant. Mais l’article précise 3 points qui méritent d’être retenus :

  1. reconstitution du stock « pour que nos clients aient le choix »
  2. accent sur le conseil et l’accueil avec recrutement de 20 libraires spécialisés dans leur domaine
  3. promotion par des animations et partenariats avec des institutions et associations

Nous constatons donc que la librairie ne cherche pas à compenser la faible rentabilité du livre par la vente de produits à plus forte marge.

Elle cherche en outre à se distinguer par le conseil. Argument facile ? Pour mesurer l’importance de ce conseil il suffit de cherchez un livre qui puisse répondre à votre centre d’intérêt et, simultanément, à votre niveau de compétence sur Amazon.

Je précise que j’apprécie beaucoup Amazon – oh ! le traitre ! – mais le conseil n’est pas dans sa vocation. En revanche, dans certaine grande surface culturelle qu’il est inutile de nommer, vous trouverez un conseil de qualité en informatique mais plus en librairie. Très sensible à la qualité du conseil, je n’y achète plus de livres.

Tous nos voeux !

En développant animations et partenariats, la librairie met donc un place une politique de fidélisation de la clientèle. Cette politique ne peut néanmoins fonctionner que dans une zone de chalandise suffisante. Clermont-Ferrand est en mesure de la fournir.

La qualité du conseil des libraires spécialisés participera aussi à la fidélisation des clients. Mais ce sont les libraires qu’il faudra veiller à fidéliser !

Car, et nous y reviendrons, l’offre surabondante de titres peut certes faire le bonheur du lecteur mais constitue une vraie difficulté dans la tâche de conseil d’un  libraire qui souhaite être autre chose qu’un marchand de livres.

 

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