Le Furet du Nord Dunkerque comme exemple

Pôle Marine DunkerqueLa librairie va mal, c’est une évidence. Les causes en sont multiples et le sujet sensible.

Livres Hebdo, toujours très attaché à la cause des libraires, profite de la pause estivale pour faire le tour des librairies qui font mieux que survivre. Y aurait-il donc des recettes de réussite ?

Le Furet du Nord Dunkerque comme exemple

Dans sa newsletter d’hier, Livres Hebdo évoque la librairie Le Furet du Nord à Dunkerque. Qu’une librairie s’en sorte à Dunkerque, ville qui depuis 3 décennies subit de plein fouet la désindustrialisation, ressemble à une performance. Or le constat de l’article n’est pas si réjouissant.

Le Furet du Nord, grande librairie historique de la Grand-Place de Lille, avait déjà ouvert une succursale à Dunkerque place de la République en centre-ville. Mais le succès n’avait pas été au rendez-vous et la librairie avait dû fermer. Entretemps Virgin Megastore avait tenté l’aventure dans une nouvelle zone commerciale, le Pôle Marine, combinant restaurants, cinémas et commerces divers.

Chacun sait ce qu’il est advenu de Virgin Megastore, victime non de l’évolution du marché du livre mais de celui de la musique. Le Furet prit donc sa place en novembre 2013.

Avec un certain succès puisque Livres Hebdo précise que le chiffre d’affaires du Furet du Nord Dunkerque est passé de 2 M€ à 2,5 M€ de 2014 à 2015. Le Furet du Nord Dunkerque se classe ainsi au 84ème rang des librairies françaises.

Une réussite indiscutable mais peu rassurante

Cependant le directeur du Furet reconnaît avec honnêteté que la hausse de son chiffre d’affaires est principalement due à la fermeture de Majuscules, librairie trentenaire de Dunkerque située en plein centre-ville sur la célèbre Place Jean Bart. Il semble donc difficile de maintenir deux acteurs du commerce culturel même dans une ville de 90 000 habitants, placée au coeur d’une agglomération de 250 000 habitants.

Le lecteur attentif aura remarqué que nous n’avons plus dit « librairie » mais « commerce culturel ». Le Furet dispose en effet d’un « vaste rayon » CD et vidéo, héritage du Virgin Megastore, ainsi que d’un rayon papeterie conséquent qui devrait encore se développer. En outre, il commercialise des produits dérivés autour de l’ésotérisme.

Quant au livre, il se concentre autour de la littérature (Majuscules avait une forte activité de livres scolaires et universitaires), du polar, de la science-fiction et du développement personnel.

Le constat est donc en trompe-l’oeil :

  • le Furet bénéficie donc d’abord de la disparition d’un concurrent, qu’il a d’ailleurs peut-être accélérée en un juste retour des choses
  • mais il montre que la librairie seule ne peut pas garantir la survie : la diversification est indispensable. Les marges sur le livre ne sont en effet pas suffisantes et nous reviendrons ultérieurement sur ce point.

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