Il serait peut-être temps de lire Fillon !

Faire (François Fillon)Alain Juppé se reproche – amèrement – de ne pas avoir lu le programme de François Fillon. La primaire est passée avec la surprise qui n’aura échappé à personne. François Fillon est en route vers une élection présidentielle qui n’est pas gagnée, loin s’en faut. Car pour lui les difficultés commencent aujourd’hui.

Afin de ne pas commettre l’erreur d’Alain Juppé, il reste environ six mois pour se faire une idée personnelle de son programme – ne laissons pas les autres penser pour nous -. Mais il faut aussi en comprendre la vision sous-jacente. Notre période économiste a trop tendance à voir dans le taux de croissance l’horizon indépassable des sociétés humaines.

Fillon libéral ? Le libéralisme n’est qu’un instrument : quel est pour François Fillon sa finalité ?

Fillon conservateur ? Son programme, « radical » comme il le dit lui-même, suppose s’il est appliqué, même en partie, des changements d’une ampleur incompatible avec un quelconque conservatisme. « Réactionnaire » serait-il plus adapté ? Au sens premier du terme, Fillon réagit mais veut-il revenir à un âge d’or fantasmé par certains chroniqueurs qui ont fini par en faire leur fonds de commerce ?

Emettons une hypothèse : et si François Fillon était simplement gaulliste ?

Qu’est-ce que le gaullisme ? Répétons cette citation que tout le monde connaît pour l’oublier aussitôt ;

Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l’inspire aussi bien que la raison. Ce qu’il y a en moi d’affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J’ai d’instinct l’impression que la Providence l’a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S’il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j’en éprouve la sensation d’une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n’est réellement elle-même qu’au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu’il est, parmi les autres, tels qu’ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur.

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome 1, Plon, 1954

Les passages surlignés traduisent, à notre avis, la philosophie sous-jacente du programme de François Fillon et ces « éléments de langage » étaient présents dans son discours de Lyon dans l’entre-deux tours : il suffisait de les écouter. Et les commentateurs s’interrogent depuis hier sur les « valeurs françaises » que François Fillon évoquait dans son discours de victoire parce qu’ils ont oublié cette profession de foi du Général.

Il me semble que la valeur qu’il veut restaurer est simplement la grandeur. Par orgueil personnel ou par nationalisme exacerbé et dangereux ? Difficile de voir un sociopathe dans sa personnalité.

Non car force est de constater que la France est obsédée par le déclin. Que ce déclin soit réel ou supposé n’est pas le sujet, il est vécu, ressenti et inhibe toutes les potentialités des Français qui font, qui sont la France. Rendons-leur la grandeur, ils retrouveront la générosité. Et c’est ce cercle vertueux qu’espère le programme de François Fillon.

Sacré pari tout de même !

Alors lisons François Fillon :

Vaincre le terrorisme islamique (François Fillon)La France peut supporter la vérité (François Fillon)

Et pour ceux qui voudraient mieux comprendre comment François Fillon est devenu candidat de la droite aux Présidentielles 2017 après 5 années de présidence Sarkozy et le psychodrame des élections de novembre 2012 à la présidence de l’UMP, nous vous renvoyons à notre page François Fillon.

Ces années méritent un regard rétrospectif. Elles expliqueront la constitution de l’équipe qui partira à la conquête de la Présidence à compter d’aujourd’hui. Et la suite peut-être …

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