Election de Donald Trump : un peu de recul

Après l’élection de Donald Trump, une conclusion s’impose : personne n’a rien vu venir. Mais en remontant le temps, force est de constater que nous ne voyons pas venir grand-chose :

  • 2016 : Brexit
  • 2014 : prise de Mossoul par Daech
  • 2012 : élection de Hollande et non de Strauss-Kahn
  • 2002 : Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles
  • 2001 : 11 septembre, les New-yorkais ont vu venir les avions mais trop tard …
  • et plus loin, Pearl Harbour, Hitler, la Première Mondiale

aveuglement-autre-histoire-notre-monde-marc-ferroDans L’Aveuglement. Une autre histoire de notre monde paru chez Tallandier en 2015, Marc Ferro avec le recul de l’historien tente d’expliquer les causes de notre aveuglement permanent et donne donc quelques pistes.

À l’heure où l’on n’a jamais été autant informé, où les experts se bousculent, où les éléments d’analyse se multiplient, disponibles aujourd’hui quasiment en temps réel, l’implacable catalogue des situations que l’on n’a pas anticipées ne cesse de s’allonger. Moments critiques où pays entiers, dirigeants politiques ou simples citoyens, n’ont pas su, n’ont pas pu ou n’ont pas voulu après coup voir la réalité des faits. Tous ont été en proie à différentes formes d’aveuglement : manque de discernement ou de connaissances, déni, crédulité, poids des illusions ou des doctrines. Aveuglés aussi faute de courage devant les tragédies ou les convulsions en cours. (Quatrième de couverture)

Mais après tout, la catastrophe n’est-elle pas précisément ce qu’on n’a pas prévu ? Tout le monde connaît le Titanic mais personne ne connaît les milliers de navires qui ont évité un iceberg.

Et pourtant prévenir doit être possible.

Un exemple oublié : le célèbre bug de l’an 2000.

A posteriori, de nombreux commentateurs, de ceux « à qui on ne la fait pas », ont considéré qu’il n’y avait là rien d’autre qu’un prétexte à générer du chiffre pour les sociétés de service. Et pourtant, tous ceux qui ont participé à cette « chasse au bug » peuvent témoigner de l’ampleur des corrections qui ont dû être faites.

Tout le monde avait oublié qu’il y aurait un an 2000 – tout le monde ne croyait pas à la fin du monde en 1999 annoncée par Nostradamus et Paco Rabanne – mais cette négligence a su être réparée.

Un exemple controversé : la vaccination contre la grippe H1N1

La campagne ne servait selon les commentateurs cités précédemment qu’à générer du chiffre pour les sociétés pharmaceutiques (NB : la répétition est volontaire, l’autre a toujours tort de vouloir gagner de l’argent).

Le taux de vaccination a été inférieur aux prévisions. Mais l’épidémie a été mineure. N’y avait-il donc aucun danger ? On oublie généralement qu’il est inutile de vacciner tout le monde et qu’il suffit de vacciner une population ciblée pour cantonner la propagation d’une épidémie. Ce qui a été fait.

Il est donc possible de limiter les risques. Il faudrait pour ce faire que la confiance règne. Mais chacun préfère minimiser son risque personnel et immédiat qu’anticiper un risque global dont pâtira l’autre et qui l’entrainera inéluctablement. Vision étroite et à court terme car l’altruisme peut être un égoïsme intelligent.

Tout rapprochement avec ceux qui ne « croient » pas au réchauffement climatique est parfaitement prémédité.

 

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