Bâle III. Résultat des tests au 31 décembre 2011

Traduction libre mais fidèle du communiqué de presse de la BIS du 20 septembre intitulé « Quantitative impact study results published by the Basel Committee« . NB : pour ceux qui ne sont pas habitués à cette notation, qui devrait pourtant être standard, 1 G€ = 1 milliard d’€.

Le Comité de Bâle a publié aujourd’hui les résultats de son exercice de simulation de Bâle III. L’étude se fonde sur le processus de reporting précis établi par le Comité afin de vérifier périodiquement les conséquences des contraintes de Bâle III pour les marchés financiers.;  les premiers résultats basés sur les données de juin 2011 ont été publiés en avril 2012. 209 banques au total ont participé à l’étude, 102 banques du Groupe 1 (capital Tier 1 capital supérieur à 3 G€ et activités internationales) et 107 banques du Groupe 2 (les autres banques).

La mise en place de Bâle III autorise une phase de transition dans l’implémentation des nouveaux standards, cependant l’exercice de simulation suppose la mise en place de la totalité des prescriptions de Bâle III sur la base des données du 31 décembre 2011 (…). Aucune hypothèse n’a été formulée quant à la rentabilité des banques ou à d’éventuelles options stratégiques telles que modification du capital ou recomposition du bilan. Pour cette raison, les résultats de l’étude ne peuvent être comparées aux estimations du secteur bancaire lui-même.

Sur la base des données du 31 décembre 2011 et en appliquant les changements de définition du capital et de la pondération des risques par classe d’actifs, la ratio Tier1 capital (CET1) du Groupe 1 ressort à 7.7%, à comparer avec l’exigence minimum de 4.5% de Bâle III. Afin que l’ensemble des banques du Groupe 1 atteigne cette exigence minimum de 4.5% une augmentation du CET1 de 11.9 G€ est nécessaire. La pénurie de capital monte à 374.1 G€ pour atteindre le niveau cible de 7.0% de CET1 (en incluant le « capital conservation buffer » – NDT : je ne me risque pas à traduire); ce montant inclut la surcharge pour les banques « systémiques » dans les cas où elle s’applique. A titre de comparaison, le total des profits après impôts et avant paiement du dividende était de 356 G€ en 2011 pour les banques du Groupe 1. Par rapport à la simulation de juin 2011, la pénurie de CET1 a diminué de 26.9 G€ au regard de l’exigence minimum de 4.5% et de 111.5 G€ au regard du CET1 cible de 7%.

En ce qui concerne les banques du Groupe 2, le ratio CET1 moyen s’élève à 8.8%. Pour atteindre le nouveau ratio CET1 de 4.5%, le capital supplémentaire nécessaire est estimé à 7.6 G€ et à 21.7 G€ pour atteindre le ratio cible de 7%. Pour mémoire, la somme des profits après impôt et avant distribution des banques du Groupe 2 a été de 24 G€ pour 2011. …

Quelques commentaires rapides :

1/qui peut se représenter ces montants vertigineux ? le spectateur du journal de 20h, statistiquement moyen, donc non nécessairement médiocre, entend « 374 milliards d’€ ». Combien ne visualisent encore que les francs ? Cette somme représente environ 2450 milliards de francs. Et parmi eux, combien font-ils la conversion implicite en anciens francs ? Et là la somme représente 245 000 milliards de centimes, 245 millions de millions de centimes. Ce n’est pas anodin. Les représentations mentales de l’électeur ou du citoyen ne correspondent plus aux montants en jeu. A contrario, celui qui entend « 374 milliards d’€ » peut parfaitement se représenter cette somme en centimes et comprendra implicitement soit 57.1 M€. Je crains qu’en fait plus personne ne se comprenne.

2/ mais ces montants sont-ils ausi vertigineux que nos représentations ? le communiqué de presse de la BRI laisse entendre que le déficit en capitaux propres est pratiquement égal au montant des bénéfices avant distribution. Il semble donc que la solution soit simplissime : les banques suspendent la distribution du dividende pendant un an, mettent les profits dans leur report à nouveau comptable qui fait bien partie du Tier 1 et le tour est joué. Il est même envisageable pour ne pas traumatiser les actionnaires d’étaler cette mesure sur deux ou trois ans.

3/ le manque de fonds propres pour vertigineux qu’il paraît semble donc assez aisé à pallier puisqu’il n’est même pas nécessaire ne procéder à un appel de fonds aux actionnaires actuels ou nouveaux

A moins que les éléments fournis par les banques ne cachent la réalité …

A moins que les banques ne soient pas en mesure de connaître réellement leur situation …

Deux hypothèses qui n’ont rien de fantaisiste : nous y reviendrons.

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