Zemmour, Vichy et les Juifs

J’aime bien Eric Zemmour et le lynchage médiatique dont il fait l’objet me semble injustifié.

Je ne suis pas allé plus loin que la page 88 de son « Suicide français ».

Pourquoi la page 88 ? J’ai fait en fait comme tout le monde : je me suis arrêté à son évocation de Vichy et des Juifs. Pour moi ce fut par manque de temps. Pour d’autres parce que cette page leur a permis d’hurler au scandale en s’épargnant de lire la suite. C’est assez commode car ça permet d’émettre un avis autorisé à moindre coût. Un peu comme la madeleine de Proust. La citer peut faire croire qu’on a lu Proust. Or pour avoir craqué entre la madeleine et la description de l’église de Combray, je sais bien que c’est au tout début de la Recherche. On ne me la fait pas moi, Monsieur !

Je n’y ai pour ma part pas trouvé d’horreurs. Zemmour évoque la mécanique qu’a enclenchée le livre de Robert Paxton – que j’avais lu en son temps – et pose, maladroitement peut-être, la question de la faible proportion de Juifs français déportés – pour les étrangers, c’est une autre histoire plus dramatique -. Vichy aurait-il involontairement protégé les Juifs français ? Que ce soit volontaire, l’hypothèse n’est pas même envisagée mais avoir simplement posé la question a suffi à la damnation médiatique de Zemmour.

Or au hasard de mon « surf » sur Wikipedia, je lis l’article Pertes humaines pendant la Seconde Guerre Mondiale et je compare deux chiffres.

En Allemagne, la population juive avant guerre était de 566 000 personnes. l’estimation moyenne de victimes juives est de 139 000 soit environ 25%. En France les chiffres sont respectivement 260 000 et 76 000 soit une proportion de 29% de victimes environ.

Ceci reviendrait-il à dire que l’Allemagne a mieux protégé les Juifs que Vichy ? Compte tenu de cette conclusion aberrante, il me semble que le constat de Zemmour est non significatif et donc toute analyse subséquente non pertinente.

La France aurait tué des enfants-soldats en Syrie

Selon un article de La Croix de ce jour :

« L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH) accuse les frappes françaises en Syrie du 27 septembre d’avoir tué 12 « enfants-soldats ». » (lire la suite sur le site de La Croix)

Dans « enfants-soldats », il y a « soldats ». Or d’évidence, des soldats meurent à la guerre. Et c’est un moindre mal quand ils sont les seuls à y mourir.

Les vrais coupables sont ceux qui font d’enfants des soldats : ils savent pertinemment qu’ils les envoient à la mort. Ce sont les mêmes qui comptent sur notre humanité en se retranchant derrière des « boucliers humains ».

Les tuer sciemment serait discutable même si ces « enfants-soldats » n’auraient probablement pas de scrupules. Les tuer par erreur ne peut être considéré comme une faute.