Quelle Eglise voulons-nous ?

Selon Lumen Gentium 1, l’Eglise est « un sacrement ou, si l’on veut, un signe et un moyen d’opérer l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain ». En tant que signe, elle doit être visible et la puissance est, on peut le déplorer, un moyen de visibilité. Et pour l’union intime avec Dieu, l’Eglise se doit d’être à l’image de Sa transcendance. En tant que moyen, elle doit être proche et capable de se mettre au niveau de chacun donc pauvre, en esprit car il lui faut les moyens matériels de sa mission.

C’est entre ces deux tensions que l’Eglise évolue avec quelque réussite depuis 2000 ans. Mais nous, en tant que fidèles ou simples consommateurs de médias, avons tendance à privilégier un des deux aspects de l’Eglise au risque de la défigurer.

Cessons donc de jouer la polarisation excessive, laissons ça à la sphère politique et son obligation de « choisir son camp », gauche ou droite. En ce qui concerne l’Eglise, choisir la transcendance contre l’immanence ou l’inverse, est aussi stupide que préférer sa jambe droite à sa jambe gauche. Ce qui n’est admissible que de la part d’un unijambiste.