Asli Erdogan. Rejet de sa demande de mise en liberté

Asli Erdogan

Asli Erdogan est un écrivain turc né en 1967 qui occupe une place importante dans le roman turc depuis les années 1990. Ses romans sont courts, très concentrés. Son style d’écriture ne manque pas d’une certaine cruauté. Mais derrière l’allégorie se dissimule, à peine, une description – souvent critique, évidemment, de la société turque contemporaine.

5 de ses oeuvres ont été traduites en français principalement chez Actes Sud :

Le rythme de ses publications a diminué ces dernières années car son militantisme intense a repoussé sans cesse ses projets littéraires. Elle contribue en particulier au journal d’opposition Özgür Gündem.

Ceci aurait suffit au pouvoir actuel pour procéder à son arrestation le 16août dans le cadre de la répression d’après-putsch. Mais son engagement fort en faveur des Kurdes n’aura certainement pas plaidé en sa faveur. Son tyran d’homonyme sous prétexte de lutte contre Daesh se lance depuis quelque temps dans la chasse aux Kurdes syriens. Or l’approbation aussi tacite que veule des Occidentaux ne semble pas lui suffir. Car la moindre critique semble incompatible avec sa perception de la démocratie.

Une pétition est d’ailleurs en cours pour demander sa libération. Vous pouvez toujours la signer même si vous ne lisez pas couramment le turc :

Free Asli Erdogan sur change.org


La Croix. fr (8 septembre 2016). Le témoignage de l’éditeur d’Asli Erdogan, écrivaine turque emprisonnée

Le 5 septembre 2016, la demande de libération immédiate de l’écrivaine turque Asli Erdogan a été rejetée. Son éditeur chez Actes Sud, Timour Muhidine (1), revient sur le parcours de cette auteure singulière, emprisonnée par le gouvernement turc depuis le 17 août … (la suite sur le site de La Croix)

Le Point.fr (6 septembre 2016). Turquie : la romancière Asli Erdogan reste en prison

La demande de libération de la romancière a été rejetée. La militante de 49 ans est emprisonnée depuis la mi-août pour des articles dans un journal pro-kurde … (la suite sur le site du Point)

Problème de transcodage UTF-8 (caractère 195)

probleme de transcodage utf-8 caractere 195Problématique

Je suis amené à récupérer des données sur un de mes sites (codé en UTF-8) et à les basculer dans un autre après quelques traitements.

J’ai donc programmé un bout de code en PHP qui fonctionne sur mon serveur local, paramétrer également en UTF-8 et à mettre à jour par programme les tables WordPress de mon nouveau site par l’instruction mysqli_query.

Or que constaté-je de mes yeux horrifiés ? Que tous les caractères accentués et autres « ç » qui font le charme de notre belle langue apparaissent sous la forme que vous avez déjà tous observés (faites donc une recherche un peu poussée sur Amazon et vous verrez) : les fameux é et autres è … Inesthétiques au possible, illisibles et qui font franchement aussi négligé qu’une tâche de ketchup sur un plastron de smoking, tel que j’en porte tous les soirs pour le dîner depuis que j’ai vu et revu Downton Abbey.

J’essaie tous les utf8_encode, utf8_decode, iconv de PHP : rien n’y fait. Essayez de forcer le codage en UTF-8 d’un texte déjà en UTF-8, c’est spectaculaire !

Après une longue errance dans les forums, je constate que ce problème est très répandu et que ceux qui prétendent qu’il est facile à résoudre n’ont pas dû programmer depuis la chute de Bismarck.

Il faut admettre que dans la situation où je m’étais mis, je passais par un nombre de couches qui avaient toutes les raisons de ne pas tomber d’accord.

Solution

Le consensus ayant ses limites, j’ai donc décidé de passer un peu en force et de rappeler à tout ce petit monde (PHP, mySQL, WordPress) qui était le patron. Et pour ça, il existe une excellente instruction à passer à mySQL juste après la connexion (ou dans la chaîne de connexion). C’est (roulements de tambour …) :

SET NAMES UTF8

Et tout rentre dans l’ordre, je peux écrire « éçà€ » et j’obtiendrai bien « éçà€ ».

ET LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ?

L’école et le contenu des programmes

Le débat sur le contenu des programmes scolaires (la « théorie du genre » par exemple) peut sembler stérile.

Sans être passéiste, quand on enquiquinait les enfants à leur apprendre les tables de multiplication et « 1515 Marignan », aucune polémique n’était envisageable puisque c’est vrai.

Donc si on essayait de leur apprendre d’abord des choses vraies et non la Vérité car « qu’est-ce que la vérité ? » demandait Ponce-Pilate à Jésus ?

Certes, il faut apprendre à penser. Mais c’est le rôle de matières comme les mathématiques et la philosophie. Ce n’est d’ailleurs qu’au Siècle des Lumières que les philosophes ont cessé d’être mathématiciens car Descartes, Pascal et Leibniz ont été … quoi ? de grands scientifiques ou de grands philosophes. Les deux. Quoique beaucoup de scientifiques anglo-saxons, tels que Bertrand Russell, ont aussi été des philosophes de haut niveau quoique négligés voire méprisés sur le continent. Car en Europe continentale, on ne jure que par la philosophie allemande et les post-modernes. Or comme disait Roger Nimier :

La philo n’est pas mal non plus. Malheureusement, elle est comme la Russie : pleine de marécages et souvent envahie par les Allemands. (in Le Hussard Bleu).

Cependant, au primaire comme au collège, il est un peu tôt pour enseigner la philosophie.

En revanche, au lycée, les élèves reçoivent un enseignement de philosophie pour le moins sommaire, quand ils l’écoutent. En terminale, je ne l’écoutais pas et je ne suis ni meilleur ni pire qu’un élève actuel.

En outre, l’enseignement du français hésite entre histoire de la littérature – chronologique ou thématique, peu importe – et apprentissage de l’expression écrite. Et les professeurs de français, par goût et par disposition personnels, privilégient souvent l’un au dépens de l’autre.

Il serait peut-être souhaitable de remplacer ces deux enseignements par deux matières qui seraient Expression écrite et orale, d’une part, Histoire de la pensée, scientifique, littéraire et philosophique, d’autre part.

Et ce dès la seconde, car apprendre à penser prend plus de trois années scolaires. C’est le travail d’une vie.

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WordPress. Impossible d'ajouter au menuProblématique

Hier, je vous parlais d’un blocage dans la mise à jour de mes menus WordPress. Je cliquais sur « Ajouter au menu » et rien ne se produisait. Pas plus d’ajout d’entrée supplémentaire à mon menu que de messages d’alerte.

Après avoir tout testé (changement de thème, désactivation de plugins, …), j’avais constaté qu’un simple nettoyage de la base avec WP (ou Advanced) DB Cleaner en version basique réglait le problème sans que je sache pourquoi.

Aujourd’hui nouveau problème de même facture, je veux créer un nouvel article. La zone de saisie du texte n’apparaît pas et, à la place que devrait occuper le permalien, s’affiche le message sybillin suivant :

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Mais désolé mon WordPress chéri, quand nous nous sommes quittés hier, nous filions le parfait amour. Et ce matin, j’arrive sans avoir rien fait et tu me fais cette scène ?

Solution

Les deux paragraphes suivants sont un simple copier/coller des paragraphes de mon post précédent.

Je me dis qu’après tout, je vais tenter un nettoyage de la base. J’utilise pour ce faire le plugin WP (ou Advanced) DB Cleaner en version basique.

Il me nettoie quelques trashposts et dashboard transient feeds, puis j’optimise les tables. Et bingo ! ça marche.

Et ce n’est guère plus satisfaisant. Je vais donc lancer une enquête têtue mais de faible intensité : j’ai un peu autre chose à faire.

L’enquête :

  • le 26 août à 12h27 : le problème s’est reproduit. Je n’ai supprimé que les dashboard transient feeds. Le problème a persisté. Malgré leur nom barbare, les dashboard transient feeds sont donc hors de cause.
  • le 26 août à 13h16 : le problème se reproduit avec une fréquence qui devient exaspérante. Cette fois, je n’ai supprimé que les 3 révisions que m’annonce le plugin de nettoyage. Et ça marche ! La prochaine fois, je regarderai l’allure de ces révisions. A suivre …
  • le 27 août à 14h01 (eh ! oui ! je bosse même ls week-ends d’août) : j’élimine une par une les entrées inutiles sauf deux révisions de posts. Toujours le même blocage. Juste pour voir, je supprime les deux révisions – tout à fait simples, légitimes et tout et tout – manuellement dans phpMyAdmin et miracle ! la situation est débloquée.

La solution ?

  • le 4 septembre à 17h47 : en fait, je tombe par inadvertance sur la page register_taxonomy du Codex WordPress et plus précisément sur le paragraphe Reserved Terms qui fournit une liste plutôt longue des mots réservés – donc interdits – à ne pas utiliser comme nom de taxonomie. Or une de mes taxonomies s’appelait « theme ». Et WordPress précise bien qu’il peut se passer n’importe quoi si on utilise un terme réservé. Je crois que les problèmes observés se rattachaient bien au n’importe quoi promis.

N’utilisez donc pas de mots réservés pour un nom de taxonomy. Rien ne vous en empêchera mais vous risquez de le payer cher !

Et consultez soigneusement register_taxonomy. Reserved Terms dans le Codex WordPress.

  • le 13 septembre à 0h37 : eh bien non ! le choix de « theme » comme nom de taxinomie n’était pas judicieux mais ce n’était pas l’explication au verrouillage.
  • le 23 septembre à 10h25 : cauchemardesque, ce message … il est revenu. j’ai donc passé trois heures (!!!) à explorer les forums en français comme en anglais. Ce bug semble dater de la version 4.1 de WordPress et avoir différentes origines. Les solutions proposées reprenent pour la plupart celle que je vous proposais jusqu’ici : nettoyer la base de données (la table wp_posts principalement). Mais cette fois, ce remède n’a pas fonctionné et j’ai refusé de me rsoudre à l’autre solution proposée : réinstaller WordPress. En fait, je m’en suis sorti en éditant un article existant et en validant une modification mineure. J’aimerais bien trouver la table et l’entrée qui contiennent l’origine du problème mais aucune piste pour l’instant …

Dépannage

En résumé, il me semble bien avoir fait le tour de la question. Et je crois bien avoir à faire à un bug vicieux mais que je contourne en supprimant les révisions de mes posts. Guère brillant mais ça fonctionne.

Donc en résumé :

si WordPress vous affiche

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supprimez les révisions des posts …

sinon, éditez des articles existants jusqu’à disparition.

En espérant qu’une future release de WordPress élimine ce poison.

 

ET LE TOUR EST JOUÉ ! ALORS ON DIT MERCI QUI ?

« En attendant les Barbares » de Constantin Cavafy

attendant barbares constantin cavafy

Le Point évoque cette semaine la question des « Barbares » dans l’article À quoi servent les Barbares ?. Mais avant d’y revenir, il peut être utile de rappeler un poème de Constantin Cavafy (1863 – † 1933) : « En attendant les Barbares ». N’est-ce pas la fonction et la noblesse du poète que de dire en peu de mots mais avec la plus grande harmonie ce que nous échouons à exprimer sur de longues et vaines pages ?

EN ATTENDANT LES BARBARES

— Qu’attendons-nous, rassemblés ainsi sur la place ?

— Les Barbares vont arriver aujourd’hui.

— Pourquoi un tel marasme au Sénat? Pourquoi les sénateurs restent-ils sans légiférer?

— C’est que les Barbares seront là aujourd’hui. Quelles lois voteraient les Sénateurs ? Quand ils viendront, les Barbares feront la loi.

— Pourquoi notre Empereur, levé dès l’aurore, siège-t-il sous un dais aux portes de la ville, solennel, et la couronne en tête ?

— C’est que les Barbares arrivent aujourd’hui. L’Empereur s’apprête à recevoir leur chef ; il a même fait préparer un parchemin qui lui octroie des appellations honorifiques et des titres.

— Pourquoi nos deux consuls et nos préteurs arborent-ils leur rouge toge brodée ? Pourquoi se parent-ils de bracelets d’améthystes et de bagues étincelantes d’émeraudes ? Pourquoi portent-ils leurs cannes précieuses et finement ciselées ?

— C’est que les Barbares seront là aujourd’hui, et ces coûteux objets éblouissent les Barbares.

— Pourquoi nos habiles rhéteurs ne pérorent-ils pas avec leur coutumière éloquence ?

— C’est que les Barbares arrivent aujourd’hui. Eux, ils n’apprécient ni les belles phrases ni les longs discours.

— Et pourquoi, subitement, cette inquiétude et ce trouble ? Comme les visages sont devenus graves ! Pourquoi les rues et les places se désemplissent-elles si vite, et pourquoi entrent-ils tous chez eux d’un air sombre ?

— C’est que la nuit est tombée et que les Barbares n’arrivent pas. Et des gens sont venus des frontières et ils disent qu’il n’y a point de Barbares.

— Et maintenant, que deviendrons-nous sans Barbares? Ces gens-là, c’était quand même une solution.

(traduit par Marguerite Yourcenar et Constantin Dimaras)

Ce poème ne fait-il pas penser au Soumission de Michel Houellebecq ?

Canonisation de Mère Teresa dimanche 4 septembre

Canonisation Mère Teresa de CalcuttaDimanche 4 septembre, le Pape François prononcera la canonisation de Mère Teresa de Calcutta, 19 ans après sa mort le 5 septembre 1997.

Procès en canonisation

Une guérison miraculeuse qui aurait eu lieu un an précisément après sa mort permet la béatification de Mère Teresa dont la cérémonie a lieu le 19 octobre 2003 Place Saint Pierre.

La guérison est cependant contestée. La tumeur guérie n’aurait pas été cancéreuse, elle n’aurait été qu’un kyste tuberculeux pour lequel la miraculée était sous traitement. Cependant, le débat est principalement lancé par Christopher Hitchens dans Slate le 20 octobre 2003 par l’article  Mommie Dearest. The pope beatifies Mother Teresa, a fanatic, a fundamentalist, and a fraud. Cet intitulé traduit plus de la part de l’auteur une intention polémique qu’une soif de rigueur scientifique.

Des documents publiés ultérieurement ont témoigné de tourments intérieurs vécus par Mère Teresa. Ils se rattachent à ce que la tradition mystique chrétienne nomme « nuit de la foi ». Et c’est à ce titre que contrairement à ce que supputaient des journalistes, peut-être mal renseignés, que cette « nuit de la foi » ne constitua pas un obstacle de principe à la canonisation.

Le pape François promulgue le 17 décembre 2015 un décret de la Congrégation pour les Causes des Saints reconnaissant un miracle obtenu par l’intercession de la bienheureuse Mère Teresa.

Biographies et témoignages

La canonisation de Mère Teresa déclenche donc une vaste mouvement éditorial de rééditions d’ouvrages publiés depuis sa mort mais aussi de nouvelles éditions.

California Girls (Simon Liberati) dans la presse

California Girls (Simon Liberati)

Causeur. fr (24 août 2016). California nightmare. Liberati dépeint la monstruosité dans toute son humanité.

Simon Liberati a ceci d’intéressant est qu’en lieu et place de se lancer dans ses romans dans une introspection complaisante de sa petite personne, une psy en direct devant tous les passants en somme, il préfère faire véritablement œuvre de littérature. Il évoque ici le crime le plus connu de la « famille » Manson commis en août 1969, le meurtre sauvage de Sharon Tate et de ses amis par des pauvres filles et un raté au nom des délires de leur gourou. Ce massacre marqua véritablement la fin des années 60 et de leurs illusions révélant la réalité derrière les apparences et l’utopie … (la suite sur le site de Causeur).

Le Monde des Livres (24 août 2016). Simon Liberati : « Dans “California Girls”, je veux rendre compte de ce que c’est que tuer »

Avec l’enlèvement du bébé Lindbergh (1932) et le meurtre du Dahlia noir (1947), le massacre de l’actrice Sharon Tate et de quatre de ses amis, en août 1969, est une des affaires criminelles américaines les plus célèbres, marquant la fin de l’innocence des années hippie et la naissance d’une icône noire, celle de son commanditaire : Charles Manson. Hanté par l’affaire Manson, ayant vécu en immersion dans tout ce qu’elle a généré de témoignages et d’enquêtes, le romancier Simon Liberati en livre une approche bouleversante dans California Girls. … (la suite sur le site du Monde)

L’actualité du 30 août 2016


Politique française


Coup de tonnerre ! Emmanuel Macron a démissionné de son poste de Ministre de l’Economie

Pour une surprise, c’est une surprise ! La question est « et maintenant ? ». Laissons à la presse, le jeu des pronostics mais :

  • veut-il aller jusqu’à la présidentielle ?
    • sans doute mais laquelle ?
  • peut-il aller jusqu’à la présidentielle ?
    • peut-être mais avec quels soutiens d’élus ? en démocratie, les élus comptent un peu tout de même;
    • avec quel budget ? avec quelle équipe ? et comment éviter les peaux de banane que tous lui glisseront sous les pieds ?
    • bref, s’il y arrive, son nouveau surnom sera Indiana Jones. Comme il est indiscutablement supérieurement intelligent, il ne fait certainement pas n’importe quoi.
  • pourquoi s’en va-t-il ?
    • il s’est fait connaître;
    • il a beaucoup appris;
    • loyal ou non à Hollande, il n’aurait pu agir beaucoup car à l’approche des élections, les mesures économiques sont surtout dictées par des considérations de court terme. Et le terme est devinez quoi ?
    • parions sur une candidature d’intensité supérieure à celle d’un simple témoignage;
    • il va tester la classe politique, examiner les recompositions possibles, se vendra non pas au plus offrant mais à celui qui lui donnera des moyens d’action : et qui à part Hollande ? un homme de droite ? Certainement pas Sarkozy, il l’appellerait « mon collaborateur ».

Saluons une performance exceptionnelle, un Ministre des Finances qui parvient à être populaire, c’est rare. La « loi Macron » ? Qu’en connaît la majorité des Français mise à part la dérégulation des liaisons routières intercités ? En déduire que les Français raffolent des autocars me semble hâtif. Alors quid ?

En tout cas, il va apporter un peu de piment à cette campagne où on va peut-être enfin parler « réformes ». Mais gageons qu’Hollande n’est pas si contrarié …

Dans la presse :


Petite brise légère. George-Pau Langevin quitte son poste de Ministre de l’outre-mer


Sarkozy annonce, s’il est élu, 34 milliards de réductions de charges

3 questions :

  • pourquoi 34 et non 2 ou 445 milliards ?
  • quel financement ?
  • mais surtout comment avons-nous pu nous passer d’un tel magicien pendant 5 ans ?

Dans la presse :


International


Trump pète le feu !

Après tout, on est peut-être pas si mal loti avec nos démagogues nationaux. Ils ne lui arrivent pas à la cheville. On peut donc citer fort à propos l’adage : « Quand je m’examine, je m’inquiète. Quand je me compare, je me rassure ». Ne me dites pas que c’est de Talleyrand, rien n’est moins sûr mais on ne prête qu’aux riches : n’est-ce pas Monsieur Trump ? (jolie figure de style qu’on appelle une inclusion).

Plus sérieusement, les USA ont souvent 20 ans d’avance sur l’Europe. Ne ressentiriez-vous pas une légère inquiétude quant à la démocratie ?

Dans la presse :

 

Climatosceptiques et droite française

Climato-sceptiques et droite française

« Mais c’est pourtant vrai que l’Antarctique se rafraichit. Le réchauffement est donc un mythe. » (signé Un Climatosceptique)

J’entends beaucoup d’électeurs qui se revendiquent de la droite s’afficher clairement « climatosceptiques » si on veut bien me pardonner ce néologisme.

Et les arguments en sont parfois surprenants et en contradiction avec leurs propres pétitions de principes.

Arguments des climatosceptiques de droite

Le GIEC serait un lobby aux mains des écologistes

Le GIEC est un organisme financé par les Nations Unies dont l’objectif est de faire la synthèse de toutes les recherches en matière de climat. Le GIEC ne fait aucune recherche. Il analyse les milliers de publications sur le climat ou les sujets immédiatement connexes. Cette analyse suppose comparaison, demandes de précisions, recherches d’incohérence. Le volume traité justifie la publication pluriannuelle de ses rapports.

Signalons que les publications traitées peuvent provenir d’organismes de recherche publique ou privée – même des industries pétrolières ou charbonnières qu’on imagine mieux dans le rôle de lobbyistes que nos élus EELV plus occupés à leurs bisbilles politicardes internes -.

Certes, un jour, le GIEC a laissé passer une publication erronée sur la fonte des glaciers de l’Himalaya. Il se doutait de la bronca qui n’a pas manqué de se déchaîner. Mais sur les milliers de publications, le taux d’erreur semble faible. A moins que la vigilance des climatosceptiques ne soit que superficielle.

D’autres scientifiques nient le réchauffement

Certes, d’autres scientifiques nient le réchauffement global. Mais que connaît par exemple un biologiste sur l’astronomie ou un mathématicien sur la géologie ? Le statut de scientifique donne une légitimité sur le domaine dudit scientifique. Certes, un scientifique est censé raisonner correctement mais il n’a pas l’exhaustivité des connaissances et de la culture dans toutes les matières scientifiques :

  • Claude Allègre est géochimiste : son domaine est donc la formation des roches mais, lors d’une polémique célèbre, il a eu tort face à Haroun Tazieff en vulcanologie, matière cependant voisine.
  • Vincent Courtillot est géologue. Il est connu pour sa prise de position sur la disparition des dinosaures. Selon lui, les trapps du Deccan en sont responsables et non l’astéroïde du Chixculub. Manière de dire que les géologues sont plus forts que les astronomes ?
  • ne parlons pas de journalistes météo ou autres …

Les scientifiques – climatosceptiques ou « réchauffistes » – dont les publications sont analysées par le GIEC sont beaucoup plus nombreux que les quelques voix qui se singularisent. Le GIEC tient compte de tous les arguments « pour ou contre ».

La Terre aurait connu d’autres réchauffements climatiques

C’est tout à fait exact. Mais le processus était beaucoup plus lent. Les espèces ont eu le temps de s’adapter – ou non – le plus souvent en migrant – détail sur lequel nous reviendrons. Mais parmi ces espèces ne figurait pas l’espèce humaine qui sait très bien s’adapter à condition que ça n’aille pas trop vite et que ça ne coûte pas trop cher.

Le gouvernement mondial

L’argument est que le réchauffement étant global, il impose des mesures globales qui vont à l’encontre de la souveraineté des états. Il ne s’agit donc pas d’un argument complotiste mais clairement souverainiste. Or le souverainisme est largement construit sur une illusion même si ses motivations sont pertinentes et légitimes : nous y reviendrons.

Nous avons évoqué la théorie du complot. Il faut admettre que certains arguments climatosceptiques en sont proches.

Une nostalgie

Une frange de la population a connu sa pleine activité et sa pleine prospérité sous Pompidou. Il s’agit d’une population vieillissante (plus de 75 ans) mais généralement en bonne condition, active, participant à la vie associative mais qui est quasi-maladivement atteinte d’une nostalgie contradictoire des années Pompidou. On peut leur ajouter les générations à qui ils ont transmis cette nostalgie.

C’était certes une époque où on pouvait « gagner plus en travaillant plus », promesse non tenue il y a peu, promesse qu’on nous refera sous peu (NDLR du 31/08/2016 : il n’a fallu attendre qu’une seule journée : voir le discours de Sarkozy devant le MEDEF). Mais ils oublient que ces courtes années de prospérité ont été dues à la conjonction de plusieurs facteurs : fin de la reconstruction, achèvement de la restructuration gaullienne de l’Etat, pétrole bon marché et libérations tous azimuts consécutives à Mai 68 – que généralement ils abhorrent paradoxalement -. Conjuguez ces facteurs à une propension à l’extrapolation exponentielle, les lendemains chanteraient nécessairement, en anglais ou en russe selon l’orientation.

C’était donc l’époque du fuel, de l’automobile et de la croissance. Comme si l’écologie était antinomique avec la croissance ! Et nous arrivons ici au non-dit.

Le non-dit

Les partis autoproclamés écologistes ont accaparé l’écologie qui est une science. Certes, l’écologie n’est pas une science autonome comme les mathématiques. Mais elle constitue un carrefour de nombreuses disciplines (physique, chimie, biologie, géologie, mathématiques, …) ce qui justifie pleinement son statut de science. Et ses scientifiques doivent désormais être appelés écologues pour les distinguer des écologistes – sous-entendu politiques – dont les préoccupations s’avèrent plus politiques qu’environnementales.

Nos climatosceptiques développent donc un syllogisme aussi étrange qu’erroné :

  • le réchauffement climatique est une idée d’écologistes
  • les écologistes sont de gauche
  • or je suis de droite
  • donc « les écologistes ne font rien qu’à dire des bêtises »
  • donc il n’y a pas de réchauffement climatique
  • et ceux qui sont de très mauvaise foi pensent : « et en plus ça m’ennuierait si c’était vrai », syndrome psychologique qui s’appelle le déni. Or, il y a des dénis de vérité qui ressemblent à s’y méprendre à des dénis de grossesse.

Et pourtant

Ces mêmes climatosceptiques devraient au contraire prendre le parti de la prévention d’un réchauffement climatique. Car les mesures nécessaires correspondraient exactement à leurs souhaits. Je les mentionne pour mémoire et vous laisse le soin de deviner si je les partage ou non.

L’immigration

Les premiers pays touchés par le réchauffement climatique seront les pays tropicaux. Certaines études suggèreraient que la crise syrienne, qui a les effets désormais bien connus, aurait été déclenchée par une baisse des rendements agricoles liée au réchauffement. Ce fait demeure à vérifier mais ce scenario futur est parfaitement plausible.

Ce phénomène enclenchera des flux migratoires en dominos. Et l’arrivée actuelle de migrants syriens ou irakiens semblera alors le souvenir d’une époque heureuse.

Au passage, ce point rappelle que le meilleur remède contre l’immigration est le développement des pays d’origine. Le mythe de l’immigré profiteur est une paresse intellectuelle même si le phénomène existe. Et le nier est de l’angélisme stupide.

Le djihadisme

Le djihadisme est principalement financé par le pétrole, directement ou par des états pétroliers qui achètent leur paix ou propagent leur idéologie à orientation religieuse.

Diminuez la consommation de pétrole et vous assécherez les sources de financement des djihadistes. Et les mécontents des pays arabes adopteront une démarche plus raisonnée en prenant exemple sur la Tunisie.

La croissance

Beaucoup parlent de la croissance sans trop savoir ce qu’elle est en réalité ni à quoi elle peut vraiment servir. Mais il est certain qu’on améliore la croissance en réduisant les importations.

Allons vers une plus grande indépendance énergétique et nous irons vers la croissance par baisse des importations. Le problème est qu’en France, nous disposons de peu de sources d’énergies dites « carbonées ». En quoi utiliser des énergies alternatives serait un problème idéologique ? Certes, il peut se poser des questions techniques ou économiques. Mais le Soleil n’a pas sa carte à EELV et le vent ne vote pas Mélenchon.

Les éoliennes sont laides ? Question de point de vue. Elles font du bruit ? Oui il y a dix ans, plus maintenant. Elles tuent les oiseaux ? Les moulins à vent aussi, les oiseaux apprendront à les éviter : les poules ne se jettent plus sous les roues n’est-ce pas ? Et interdit-on les avions ? En outre, elles sont plus réversibles que les centrales nucléaires – auxquelles je précise ne pas être opposé bien que prudent -.

La transition énergétique n’a non plus aucune couleur politique. Et la croissance des 30 Glorieuses a été aussi celle d’une période de transition énergétique : du charbon au pétrole et au nucléaire, du train à l’automobile et, j’ai failli dire, du pigeon voyageur au téléphone.

Un retour à une saine tradition

Les énergies alternatives ne pourront se répandre largement en ville, lieu préférentiel des économies d’énergie. Donc elles pourront revitaliser nos campagnes et nos villages et redonner un souffle à des pays pour lesquels s’achève le temps de l’agriculture intensive.

Quant aux entreprises, administrations et particuliers, ils apprendront à redécouvrir les vertus de l’économie d’énergie et plus généralement de moyens. C’est la gestion en « bon père de famille » dont le climatosceptique de droite pleure la disparition par ringardisation stupide.

Un refus de l’autorité

En déniant l’aspect scientifique des conclusions du GIEC – quand il les a lues -, le climatosceptique de droite révèle qu’il est en fait un soixante-huitard qui s’ignore.

Car en traitant comme opinion, ce qui est une vérité scientifique (son taux de vraisemblance inclus), il manifeste un refus de l’autorité dans l’acception d’auctoritas – qui fait autorité et non qui a autorité -. Comment peut-il ensuite regretter le respect traditionnel (« le respect se perd mon cher ! ») ? Attitude paradoxale et incohérente.

Mais cette attitude n’est guère étonnante dans un pays où le moindre citoyen qui a tapé dans une boîte de conserve sait mieux que le sélectionneur quelle Equipe de France il doit présenter face à l’Allemagne. On pourrait ajouter où le moindre catholique – ou athée, ne nous gênons pas – conteste le moindre propos du Pape en bon théologien qui saurait tout de l’apocatastase (je frime parce que je sais ce que c’est et que je me rappelle le mot).

Conclusion

Nous n’avons pas évoqué ici le climatoscepticisme à l’américaine. Il pourrait se résumer à « on se fiche du réchauffement, nous ferons du business dans la climatisation ».

C’est la typologie étrange du climatoscepticisme à la française qui est en cause. En se réfugiant dans le déni pour des pétitions de principes idéologiques, ils se « tirent une balle dans le pied  » et refusent l’opportunité de redonner à la France les moyens et l’élan qu’ils souhaitent.

Etrange, mais c’est ainsi. Car en France, l’important n’est pas de cheminer vers la vérité, l’important est d’avoir raison. Triste perversion d’un cartésianisme incompris et donc devenu vide de sens.

A la décharge de mes chers climatosceptiques, nos écologistes politiques ont honteusement brouillé le débat et durablement desservi une cause qui n’aura été que le support de leurs ambitions personnelles.

 

Polémique sur la Rive Droite

Polémique sur la Rive DroiteD’ordinaire, la Rive Gauche, évidemment germano-pratine, est le lieu des débats et de leurs pâles copies : les polémiques. Mais toute la presse, de droite ou libérale, ne bruisse que de la volonté farouche de la Mairie de Paris de rendre la Rive Droite aussi piétonne qu’elle l’a fait pour la Rive Gauche.

Les années Pompidou

Pour comprendre un problème, il faut souvent remonter à sa racine. Certes, c’est plus long qu’un slogan mais on n’est jamais obligé de ne pas réfléchir.

Un autre temps

Paris a été profondément marqué par Pompidou : le Centre Pompidou – surprenant mais réussi -, la Tour Montparnasse – verrue hideuse comparée à la réussite de la Défense -. Mais il a principalement marqué par ses orientations en matière de circulation automobile.

Rappelons que la mort l’a emporté le 2 avril 1974. Or, suite à la Guerre du Kippour, c’est le 22 décembre que l’OPEP déclenche la crise du pétrole :

  • les exportations de pétrole diminuent de 25 %
  • le prix du baril à l’exportation augmente de 17 %
  • par un de ces miracles dont l’économie a le secret, le prix du baril brut de pétrole passe de 5$ à 11$
  • et le montant des importations française de pétrole passe de 17 à 123 GF (milliards de francs)

Ce petit rappel avait pour objectif de préciser que Pompidou n’a connu que l’époque du pétrole bon marché et de la voiture-reine. Et comment lui faire grief ? Rares étaient ceux qui tiraient le signal d’alarme, encore plus rares ceux qui étaient disposés à l’entendre. En outre, il est toujours aisé de critiquer le passé avec les yeux d’aujourd’hui. A cet égard, quels problèmes aussi graves qu’insoupçonnés, nous échappent-ils aujourd’hui ?

Un urbanisme désormais inadapté

Bref. Fin des années 60, l’explosion de la circulation automobile nécessitait un réaménagement massif des voies de circulation parisiennes.

  • Une voie de dégagement Est-Ouest fut installée sur la Rive Gauche de la rue du Bac au Pont de l’Alma. Il faut avoir vu les bouchons au débouché de cette voie sur le Quai d’Orsay pour comprendre que la solution avait atteint ses limites.
  • une autre dans le sens Ouest-Est (pas bête !) sur la Rive Droite, jusqu’au Pont d’Iéna qui n’est pas actuellement mise en cause puis de la Concorde à la Gare de Lyon. Son utilisation tous les étés pour Paris-Plages était déjà sujet à polémique, imaginez donc la « piétonnisation » définitive.
  • l’avenue Charles-de-Gaulle de l’Etoile à la Défense, véritable autoroute à huit voies qui traverse de beaux arrondissements parisiens et Neuilly-sur-Seine. Cette autoroute montre aux mauvaises – ou simplement jalouses – langues d’une certaine gauche que mêmes les riches n’ont pas toujours le dernier mot. Et que même Sarkozy, à l’époque Maire de Neuilly, n’a rien pu y faire si ce n’est approfondir sa connaissance personnelle de la France d’en-bas.
  • et enfin la finalisation du boulevard périphérique qu’aucune personne saine d’esprit n’envisage pour le moment de rendre piéton même si certains aimeraient les remplir d’eau pour en faire les douves d’un Paris séparé d’une banlieue envahissante. Je plaisante et je ne vise personne en particulier : il y a de ces gens dans tous les partis et quartiers.

Mais il n’aura échappé à personne que le contexte a quelque peu évolué depuis l’époque faste du Président Pompidou. Si faste ? Voire … Car nous avions un PCF puissant qui maugréait sans fin contre « la vie chère ». Nous avons connu depuis un réel progrès : tout le monde râle désormais sur tout et sur tous. Le PCF serait-il mort de sa victoire culturelle ?

Pourquoi la « piétonnisation » ?

Tentons d’examiner la proposition d’Anne Hidalgo sans tenir compte d’éventuelles arrières-pensées politiques.

L’appel d’air

Depuis les années 60, tout démontre qu’une amélioration des conditions de circulation augmente par effet d’opportunité, la circulation jusqu’à saturation voire thrombose. C’est ce qu’on appelle un effet d’appel d’air ce qui est, en l’occurence, un comble.

Or, il ne reste plus beaucoup de voies de dégagement à Paris. Certes, il serait envisageable de recouvrir la Seine d’une autoroute huit voies. Mais la batellerie et les bateaux-mouche s’y opposent avec la dernière énergie.

La fuite en avant n’est donc pas une solution responsable.

La pollution atmosphérique et les gaz à effet de serre

La Commission d’Enquête Publique met en doute l’efficacité de la piétonnisation en matière de pollution. Car l’idée sous-jacente à ce doute est la suivante : un véhicule dans un bouchon émet plus de gaz nocifs qu’un véhicule qui roule à régime normal. Ce n’est certainement pas faux. Mais la voie de berge Rive Droite n’est pas exempte de bouchons et n’est en aucun cas une voie donc la fluidité fait le bonheur de ses usagers.

J’évoque les gaz à effet de serre pour une raison simple. Une certaine frange de la droite ne croit pas au réchauffement climatique pour des raisons étranges qui méritent un article à part. Elle ne peut donc en aucun cas retenir cet argument.

La réussite de la voie de berge Rive Gauche

En tant que privilégié qui réside tout près de cette voie, j’étais plutôt partagé à l’annonce de cette mesure. Certes la perspective de pouvoir me promener sur cette Rive Gauche me réjouissait. Je ne pouvais en effet en profiter qu’en période de circulation interdite lors de crues. Mais la circulation ne serait-elle pas détournée pour partie dans ma rue plutôt calme ?

Je suis pleinement rassuré. Il n’y a de bouchons que les week-ends à cause des badauds qui viennent profiter de la magie de la Rive Gauche piétonne. Et ils auraient tort de s’en priver.

Certes, il demeure des bougons – pas des bouchons, suivez donc -. Mais 40 ans après, nous avons droit deux fois par ans à une proportion similaire de bougons au sujet du changement d’heure. La presse leur en sait gré car ils lui fournissent de la copie à bon compte.

Alors ? Pour ou contre ?

Pour : remettre l’automobile à sa place dans Paris

Une ville n’est pas un lieu de transit et en aucun cas une autoroute. Et le boulevard périphérique a toute son utilité puisqu’il permet de contourner Paris, point de convergence historique d’une proportion excessive de routes de France.

Mais la circulation doit y être fluide afin de desservir ses activités et ses habitants propres. Cependant, Paris a de par sa position un rôle particulier à l’égard du pays et de sa banlieue, ce qui ne simplifie pas le débat.

Il n’empêche que les voies de berge constituent une diagonale du périphérique – ou plutôt un diamètre compte tenu de sa forme ovale -. Elles ne sont donc pour beaucoup qu’un raccourci d’un point à l’autre du périphérique.

Elles constituent aussi une solution de facilité. Demandez donc à un taxi au départ des Invalides de vous emmener Gare de Lyon. Il traversera la Seine pour emprunter la voie de berge Rive Droite alors qu’il pourrait tout aussi bien emprunter le boulevard Saint-Germain nettement moins saturé.

Pour le reste de la circulation parisienne, laissons faire les spécialistes. Parfois un simple aménagement de carrefour améliore de façon spectaculaire la circulation. Il suffit de voir ce qui fut fait il y a quelques années au carrefour de l’Ecole Militaire. Un aménagement de même nature de la Place de l’Alma compenserait pour une bonne part les éventuelles pertes de temps liées à une piétonnisation de la Rive Droite.

Pour : une compensation facile de l’appel d’air

La suppression des voies de berge n’empêcherait pas la circulation Ouest-Est sur la voie supérieure. Certes, elle sera plus encombrée. Mais peut-être cela découragera-t-il quelques Parisiens de prendre leur voiture pour aller Place de l’Hôtel de Ville ? Des taxis regarderont mieux leur GPS pour prendre des chemins de traverse. Et peut-être que certains automobilistes se mettront à la marche à pied ou à la bicyclette pour le plus grand bonheur de la Sécurité Sociale mais au grand dam des caisses de retraite puisqu’ils auront des chances de vivre plus vieux.

Or n’oublions pas qu’en situation de saturation, il suffit d’une circulation inférieure de 5% pour retrouver la fluidité que la Rive Gauche n’a pas vraiment perdue. Et je n’évoque pas la proportion de quidams qui s’engagent dans un carrefour quitte à le bloquer : peut-être veulent-ils avoir encore le droit de flanquer la pagaille, laissant les autres gérer leur incivilité.

Contre : la pollution atmosphérique

Retenons volontiers que l’écart ne sera pas nécessairement significatif et que cette raison est un effet d’annonce et – soyons enfin un peu polémique – un petit cadeau aux élus écologistes avec qui un maire, même socialiste, est obligé de composer.

Pour : revoir notre usage de l’automobile

Une mesure symbolique peut s’avérer inutile à court terme. Elle a néanmoins un effet pédagogique. Et il est nécessaire de repenser la place de l’automobile dans la ville.

Or la problématique est différente dans chaque ville qu’il s’agisse de Paris, de la banlieue ou de la province, d’une ville grande , moyenne ou petite. Et pour examiner ce problème à l’échelle de chaque ville, laissons faire les élus et les habitants de cette ville. A cet égard, je connais peu de Parisiens ou d’habitants du 7ème arrondissement qui soient mécontents de la piétonnisation de la Rive Gauche.

Contre : un peu de précipitation

Paris a une responsabilité à l’égard de sa banlieue et aussi du pays. La Mairie a-t-elle bien mesuré la vraie nuisance pour certains banlieusards ? Je pense que oui mais à sa décharge, la Mairie de Paris est ici soumise au mille-feuilles administratif dont notre cher pays a le secret.

Car il serait préférable pour tous – banlieusards compris – que le réseau de transport en communs s’améliore aux dépens de la circulation Paris-banlieue. Mais il suffit de consulter un panneau de travaux pour voir le nombre d’intervenants et donc la difficulté de la prise de décision.

Pour : une perspective économique positive

Il est assez étrange de constater que de nombreuses grandes villes de pays dont nous saluons et jalousons la performance économique (Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, …) s’orientent vers une limitation draconienne de la circulation automobile.

Comme ils réussissent économiquement, il est raisonnable d’en conclure qu’ils ont étudié la question et que la piétonnisation est profitable.

Enfin, et je contrarierais Arnaud Montebourg s’il me lisait, il n’y a pas de honte à faire de la croissance dans les services plus que dans l’industrie. Or à Paris qui regrette les usines du Quai de Javel ? Paris est une ville de services – rappelons que la Défense dépend de Paris -, tourisme inclus. Or en matière de tourisme, rappelons que Venise en tire sa prospérité sans une seule voiture ni voie de berge (je plaisante).

Rendre aux berges de la Seine toute leur beauté ne peut que contribuer à maintenir à Paris son statut de ville parmi les plus belles du monde.

Conclusion

Je suis toujours un peu ennuyé, étant de droite malgré une solide antipathie pour Sarkozy, de prendre la défense d’un élu socialiste. Mais, si j’ai apprécié Chirac comme Maire de Paris, ni Delanoé, ni Hidalgo ne m’ont fait regretter Tibéri. Je préfère donc parler de cette mesure indépendamment de la couleur politique de la mairie.

Je parierais volontiers qu’une telle mesure proposée par un maire de droite aurait reçu les applaudissements des électeurs de droite et les huées de ceux de gauche. Il semble souhaitable d’éviter d’examiner chaque problème au travers d’un filtre « politicard ». Et ce serait une bonne chose pour la France donc pour chacun de ses citoyens que la polémique lâche un peu de terrain devant de vrais débats.

Pour illustrer mon propos, je vous renvoie à deux articles du Point que j’ai vu mieux inspiré et je vous recommande surtout les commentaires des lecteurs qui donnent une excellente indication du niveau du débat. Scientifiquement, c’est un choc : on peut descendre sous le zéro absolu.